
 
 
 
 
 
  |
|
Une Terre de lamas bouddhistes…
Le bouddha Gautama Sakyamuni naquit en 563 avant notre ère
dans une Inde d’antan, fort différente de celle d’aujourd’hui
; fils d’un prince de la lignée des Shakya, sa naissance
fut annoncée à sa mère par un rêve des
plus étranges, que les grands sages brahmanes interprétèrent
comme un signe du ciel. La reine Maya mettrait au monde un enfant
portant les 32 marques des grands hommes ; celui ci deviendrait soit
un monarque universel, soit l’un des plus grands maîtres
spirituels que la terre ait porté.
Siddhârta fut un enfant manifestant tant d’une brillante
intelligence que d’une douce mélancolie. Son père
le maria jeune à Yashodhara, avec qui il eut un fils, Rahula,
et tenta de le préserver des souffrances de ce monde. Rien
n’y fit ; le jeune prince découvrit tour à tour
l’existence de la vieillesse, de la mort et de la maladie. Il
rencontra finalement un moine ermite et sage fuyant la souffrance
des hommes, ce qui le décida à quitter sa vie facile
à l’age de 29 ans.
Apres nombre de tentatives à travers les enseignements de maîtres
divers et six années d’un ascétisme surhumain,
c’est en méditant sous un arbre sacré en observant
son âme qu’il trouva le chemin de l’éveil.
Apres bien des hésitations, il se décida à partager
cette expérience et enseigna jusqu'à son dernier jour,
à l’age de 80 ans.
Une religion a part
Le bouddhisme est une religion difficile à aborder pour nous
; la notion de dieux y est très différente, ce qui
en fait une philosophie pour certain, les Ecoles nombreuses et le
panthéon complexe.
Pour essayer une approche simple, il faut tout d’abord comprendre
qu’il n’y a pas de séparations distinctes entre
ciel et terre, vie et mort, sacré et humain. Tout n’est
qu’un, s’inscrivant dans un seul et unique cycle.
L’école Gelong Pa ou secte des Bonnets Jaunes, majoritaire
au Tibet comme en Mongolie, estime que tout un chacun peut devenir
bouddha (notion de Grand Véhicule) : le Salut se trouve en
chacun de nous, et la voie de l’éveil est accessible
à tous. Au travail donc…
Le concept clef de cette religion est la recherche du Nirvana,
ou Eveil, qui conduit le méditant à sortir du cercle
des existences, Samsara, auquel est rattaché toute forme
de vie.
Cet éveil consiste en une absence d’existence propre
appelé Shunyata. Pour l’atteindre, le bouddha délivra
l’enseignement fondamental des 4 Nobles Vérités,
fruit de sa méditation : la vérité de la souffrance,
son origine liée au désir, la clef de sa cessation
et le chemin qui y mène.
Loin de l’ignorance, du désir et de la haine, il vous
est possible d’échapper au cycle perpétuel des
réincarnations, conditionné par le Karma, loi de causalité
universelle. Tout acte portant ses fruits, prenez garde : six mondes
(les Enfers, les Affamés, le règne animal, les humains,
les Dieux Jaloux et les Dieux Vivants en toute félicité)
n’attendent que vous, récompensant ou sanctionnant
vos actes de cette vie.
Le Bouddhisme en Mongolie
Le bouddhisme, bien que visible dans le paysage mongol depuis l’époque
turque (de 551 à 744 après JC), ne devient religion
d’Etat qu’en 1260 sous le règne de Kubilai Khan,
et ne concerne alors que les sphères aristocratiques du pays.
Il faudra attendre Altan Khan et les années 1570 pour parler
d’une réelle présence et d’un véritable
impact de cette religion, appuyée par une politique de prosélytisme
intense, de larges vagues de conversion et une véritable
chasse aux sorcières des chamanes et de leurs lieux de culte.
En 1578, Altan rencontre Sonam Gyatso, chef spirituel du Tibet
avec qui il est en guerre ; ce hiérarque et moine bouddhiste
le convertit, et se voit décerner par le khan le titre de
3e Dalaï Lama, ou Océan de Sagesse. Ces deux précédents
maîtres le seront à titre posthume. Commence ici une
grande histoire d’amour…
En effet, le 4e Dalaï Lama sera mongol et, à l’exception
des deux premiers, l’entière lignée des Bogdo
Gegeen sera tibétaine. Aujourd’hui encore, on mesure
cet attachement profond entre les deux Nations : le Dalaï Lama
est venu ici pas moins de quatre fois au cours de ces dix dernières
années, et il est plus que surprenant de voir l’accueil
qui lui a été à chaque fois réservé.
De plus, la communauté tibétaine se mobilise pour
pallier à l’actuel problème de relance de la
religion en Mongolie : suite aux soixante-dix années de régime
communiste, la majeure partie des lamas de moyen et haut rang a
été purgés ; peu ou proue sont par suite compétents
et un tant soit peu capables de lire les textes tibétains.
Des peuples comme le Tibet, le Népal, l’Inde ou d’autres
pays occidentaux mettent en place des échanges entre lamas
et professeurs de théologie.
Bien que partageant la même secte des Bonnets Jaunes, la
Mongolie n’en a pas moins son propre guide en la personne
du Bogdo Gegeen, et ce depuis 1635. Zanabazar sera le premier des
8 chefs spirituels et politiques du pays. A la mort du 8e, Bogd
Khan, en 1924, le régime soviétique interdit toute
réincarnation. Que nenni : un 9e Bogdo Gegeen fut secrètement
découvert et trouva refuge au Tibet dans les années
60. Il habite actuellement à Dharamsala, proche de l’actuel
Dalaï Lama, après une courte visite en Mongolie en 1999. |

 
  |
|
…Autant qu'une Terre de Chamanes
Le chamanisme, spiritualité des Anciens, des peuples restés
à l’écoute de la Terre…
Le Chamane est l’intermédiaire entre le Monde des Esprits
et le Monde des Hommes ; il est le lien entre les deux. Intercesseur,
guérisseur, devin, même magicien par bien des aspects.
Chaque chose qui nous entoure est dotée d’un esprit :
esprit de la montagne, esprit du fleuve, esprit d’un lieu. Ils
peuvent être Bien ou Mal, avoir de bonnes comme de mauvaises
intentions à notre égard.
Le Chamane, au cours de ses transes, dialogue avec eux. Sans la moindre
substance hallucinogène, au rythme d’un tambour et d’une
guimbarde, il passe d’un Monde à l’Autre, voit
ce qui est invisible et indicible, porte les requêtes des hommes
auprès de ceux à qui elles s’adressent.
Le Chamane fait la pluie ou le beau temps, le jour ou la nuit, parle
avec les Morts et les Esprits, voit l’avenir, profère
malédictions ou bénédictions, guérit les
maux. Il est craint, respecté, mais souvent peu aimé.
On y croit encore, malgré le temps qui passe.
Mais le chamanisme n’est pas seulement résumable aux
chamanes en ces terres. C’est aussi cet art de vivre propre
aux Mongols, ces rites qui persévèrent, ces symboliques
dans chaque geste et de chaque espace.
Respecter le feu, ne pas souiller l’eau et l’utiliser
avec parcimonie, rendre hommage aux ovoos, ces cairns chamaniques
trônant à la croisée des chemins, en y ajoutant
sa pierre après en avoir fait trois fois le tour. Passé,
Présent, Avenir. Et on ajoute à cet amas de pierres
ou de branchages chargé de khadags, comme une trace éphémère
de notre passage face à l’écoulement du Temps.
Du bon usage de sa main droite, on donne comme l’on reçoit.
On oriente la porte de sa yourte vers le sud, toujours, par là
où viennent le soleil et les amis.
Autant de petits riens qui font toute l’Âme d’un
Peuple. |