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La Mongolie, libre, sauvage, au coeur des valeurs humaines [Retour accueil]
 
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Regard mongol
Je m’appelle Tunga. Je travaille comme guide depuis quatre ans. Je suis très fière de mon beau pays, surtout quand les touristes sont heureux d’être venus en Mongolie, quand ils ont ressenti cette impression de vraie liberté dans l’infini des grands espaces. Ce qui les touche le plus ? La sincérité, la tranquillité des nomades ; l’authenticité de cette vie ; cette nature encore sauvage, peuplée d’animaux en liberté et de cavaliers galopant où ils veulent…
En fait, j’ai l’impression que j’appréciais moins tout ceci. Le ravissement des touristes m’a fait voir d’un regard neuf la beauté de mon pays et a fait naître en moi la fierté d’être née ici et l’amour de mon pays.
C’est vrai qu’il y a des choses à améliorer,
 
 
A mon avis, ils restent très fidèles à leur mode de vie d’éleveur nomade, même si le climat et ces conditions de vie sont vraiment rudes pour eux. Ils sont toujours en harmonie avec la nature puisqu’ils croient que la nature est vivante. Pour ne pas blesser la terre, on doit bien choisir l’endroit du campement, comme par exemple ne pas se mettre a la source d’un point d’eau.
Je suis heureuse que des étrangers admirent la Mongolie, mais quand ils s’intéressent à mon pays commercialement, j’en ai des frissons.
Ce doit être le legs de mes ancêtres Huns, ce sentiment de devoir protéger cette terre héritée de nos ancêtres !
à développer et aussi à éviter. C’est pour cela qu’il faut voir a travers les yeux de gens de l’extérieur, je pense. Comme pour la préservation de la nature, le maintien de la vie nomade, l’héritage de nos traditions…
La plupart des touristes me disent qu’ils voulaient venir en Mongolie avant qu’elle ne soit changée,
Tunga
Une de nos légendes raconte que le chef des peuples chinois avoisinant les Huns demanda un jour à Shanui, notre empereur, son cheval préféré. L’Empereur réalisa son désir, disant qu’il pourrait capturer un autre cheval tant que des chevaux galoperaient librement dans les steppes mongoles.
qu’elle ait perdu son authenticité.
Ce qui me fait réfléchir… Je souhaite de tout cœur que la Mongolie garde ses traditions, sa civilisation nomade si authentique face a un monde qui se mondialise de plus en plus chaque jour.
Pendant un voyage, j’aime beaucoup rendre visite à des nomades, pour que mes touristes sentent cette sincérité des gens, l’atmosphère chaleureuse de leur famille. Et tout en en étant fière, j’ai une légère crainte : je voudrais que les nomades soient toujours comme ça, hospitalier… sans devenir touristique.
 
Le chef voisin lui demanda ensuite sa femme la plus aimée. Shanui accepta, répondant qu’il pourrait en retrouver une aussi longtemps que des belles femmes mongoles existeraient. Pour la 3e fois, le chef voisin lui demanda alors des terres. Shanui : entra dans une colère folle, pris les armes et décréta « Ne donnez jamais une partie de nos terres a qui que ce soit, même aux dieux ! »
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Regard français
Ce qui marque en premier, c’est l’infini de cet espace si peu changé par l’homme. En France, on ne voit pas un paysage qui n’ait été remanié, aménagé ou utilisé. Un journaliste photographe français connu, Patrick Bard, exprime au mieux cette sensation qui vous prend en Mongolie ; il parle du « vertige horizontal » que l’on ressent face aux espaces mongols, de véritables chants de la Terre. Les voyageurs disent de ce pays qu’il est un Eden, un paradis terrestre. Ici, on est tout de suite pris par la beauté de ces grands espaces, l’occupation naturelle que les Mongols en font, avec leurs yourtes et leurs troupeaux. Et c’est une telle attraction pour nous que de voir ces si grands et si nombreux troupeaux vaquant libres, qu’on en croirait même qu’ils sont sauvages !
 
 
En venant ici, on a l’impression de redécouvrir ce qu’est la vie, le sens de la Terre qu’on a oublié, la simplicité et sa beauté, comme un retour aux sources, aux racines de l’humanité qui pour nous sont si loin de notre vie de tous les jours… Comme si on retrouvait l’essentiel après l’avoir oublié.
La Mongolie des Steppes est un pays spirituel aussi; les us & coutumes, traditions, croyances ; le chamanisme, le bouddhisme. Tant de petites choses marquantes pour le voyageur : l’arrêt à l’ovoo, les offrandes aux Esprits et la croyance en un autre monde imperceptible par les sens ; le respect envers la nature, plus particulièrement envers l’eau ; l’usage de la main droite, qui nous oblige à penser à chaque fois à ce que l’on donne ou que l’on reçoit.
Chez nous, l’agriculture extensive a été remplacé par de l’agriculture intensive en usine, et même les animaux de particulier (cheval, vache, mouton/chèvre) sont tenus en petits enclos extérieurs.
Il existe d’autres pays à grands espaces comme la Mongolie, les Etats-Unis par exemple. Mais pas un avec cet équilibre homme/nature. Les grands parcs des Etats-Unis ou les réserves africaines sont certes de magnifiques
Perrine
Encore quelque chose que nous avons éradiqué chez nous ; la religion chrétienne est à l’agonie dans nos sociétés, et nous n’avons plus la foi d’antan.
Et comme l’homme ne peut vivre sans croire, on est en recherche de spirituel dans nos sociétés d’aujourd’hui. Mais ce qui marque le plus durablement, ceux sont les Mongols eux-mêmes.
Ces Mongols qui partent avec des touristes, car le Mongol devient un
espaces naturels, mais sans âme, avec pour seule occupation humaine quelques indiens tenant hôtels et casinos ou quelques villages Maasaïs reconstitués de toutes pièces pour les touristes de passage. Plus de vrai dans ces rencontres, l’art de vivre propre à ces peuples a été perdu.
Alors qu’ici, c’est encore la moitié du pays qui vit en éleveur nomade, et l’homme ne s’est en quelque sorte pas encore approprié pleinement la Terre. Ce qui vous donne le sentiment d’être dans un Nouveau Monde, un Far West à conquérir où tout est à faire et tout est encore possible.
Mais revenons au mode de vie traditionnel, qui est au moins aussi marquant que les espaces mongols. L’un ne va pas sans l’autre, quoi qu’il en soit. Ici encore, beaucoup de surprises pour le voyageur, car ce mode de vie à l’opposé du notre nous est totalement inconnu. On se retrouve comme des enfants qui ont tout à apprendre et posent des questions sur tout ce que l’on voit.
Comment vivent les éleveurs, qu’est ce que les Cinq Museaux, quel espace de vie est la yourte… nous sommes une civilisation urbaine et sédentaire, sans plus de rapports avec la Nature.
 
visage connu, un ami. Le caractère pacifique, hospitalier et joyeux de la majorité des Mongols séduit. L’entraide campagnarde, pour demander une direction ou filer un coup de main mécanique. Et souvent, vous êtes invités derrière à prendre un thé, fait absolument impensable avec un groupe de touristes chez nous. Déjà, on ne s’aiderait pas, et ensuite, on n’inviterait certainement pas des inconnus chez soi…
La conscience et l’attention que portent les Mongols à tout ce qu’ils font aussi ; votre chauffeur quand il conduit, votre cuisinier quand il cuisine… cette impression que les Mongols donnent qu’ils savent tout faire à partir de rien, quand nous nous contenterions de jeter et d’acheter neuf.
Et les chants omniprésents, très à l’image de votre peuple ; joyeux, pleins de vie, partagés par tous, touchants aussi.
Comme vous le voyez, les voyages en Mongolie sont des voyages de l’ordre du sensible, qui marquent profondément le voyageur comme dans peu d’autres pays.
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