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Enclavée entre ces deux géants que sont la Russie
et la Chine, la Mongolie peine à se faire une place bien à
elle avec ses 1 566 500 km² pour 2,8 millions d’habitants.
Ce qui fait d’elle, avec ses 1,6 habitants au km², le pays
le moins peuplé de notre planète.
Surtout quand on sait qu’Oulan Bator regroupe à elle
seule plus d’un million de Mongols on imagine sans peine la
force brute de ses grands espaces vierges et sauvages, peuplés
de bien plus de bêtes que d’hommes. Découvrons
les…
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La
Steppe
La Mongolie est une terre de héros, de mythes et de légendes.
Qui ne connaît pas les Huns, les Tatars, Gengis Khan,
la Horde d’Or, la dynastie Yuan de l’Empire du Milieu
? Qui ne peut s’imaginer l’immensité des
steppes, la vaillance d’un peuple de nomades perpétuant
un mode de vie et des traditions ancestrales au sein même
d’une époque où le monde semble partout
ailleurs courir à la poursuite du Temps ?
Sans même évoquer l’attrait lié aux
grands espaces, où l’homme partage sa vie entre
chaleur du foyer de la yourte et rudesse du climat à
cheval dans la steppe. Un monde où tout se décline
sur le thème des Cinq Museaux, innombrables troupeaux
de chèvres, moutons, chevaux, bovidés et chameaux.
Ici, on trouve 10 fois plus de bétail que d’hommes
sur un territoire vaste comme trois fois la France, avec 50%
de la population encore éleveur nomade, loin de la ville
et de son modernisme grandissant.
La steppe, c’est le berceau de ces hordes mongoles qui
n’eurent de cesse de faire trembler le monde du Ponant
au Levant. Des « barbares » qui à leur apogée
régnaient sur l’empire le plus vaste que l’Histoire
ait jamais connue ! D’un Loup Bleu et d’une Biche
Blanche naquit un grand seigneur, qui de sa capitale Kharakhorum
lança ses hommes à la conquête du monde.
Des ruines de la mythique cité de Gengis Khan furent
élevés les murs et temples d’Erdenee Zuu,
monastère bouddhiste le plus puissant de cette contrée.
Commençait alors une amitié sans limite entre
Tibet et Mongolie, qui après deux siècles d’oppression
mandchoue et sept décennies de communisme, semble ne
jamais devoir s’arrêter. |
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L’Altaï
L’Altaï, toit du monde… du haut des 4353m
de la chaîne des Tavan Bogd, ses montagnes nous dévoilent
glaciers et sommets aux neiges éternelles. Marche du
Kazakhstan et de la Chine, l’Altaï relie trois
univers et renferme un riche patrimoine culturel : stèles
à cervidés, statues d’homme turks ou pétroglyphes
de l’âge de pierre, enserrés entre parcs
naturels,
lacs d’eau douce et rivières gelées.
Mais au delà de l’ivresse de ses
montagnes, l’Altaï est une contrée que le
temps semble oublier. On y rencontre des hommes aux traditions
passées, comme ce peuple Kazakh qui chasse le loup
avec ses aigles aujourd’hui comme il y a 2000 ans. Fiers
nomades habillés de fourrures et coiffés de
quelques plumes, femmes brodeuses et tisseuses d’un
artisanat d’une grande finesse, intérieur des
yourtes riant de couleurs sous les airs de dombra, un instrument
qui leur est propre. Et l’oiseau, cet aigle majestueux
qui partage leur vie et leur espace à la place d’honneur.
En outre des Kazakhs, d’une autre langue, de religion
musulmane et d’affiliation turque, de nombreuses minorités
ethniques aux us et coutumes propres habitent l’Altaï,
comme les Uriankhais, les Dörvöts et les Torguts,
tous trois descendants des mongols occidentaux Oirats, ou
les chamanes Touvas. |
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Le
Gobi
Ou plutôt devrait on dire les Gobi : steppe désertique
& désert de pierres, dune & oasis, gorge glacée
& forêts de saxaoul, nomades & chameaux de Bactriane,
dinosaures & sites de fouilles archéologiques, derniers
contreforts de l’Altaï perdus entre ciel et terre
dans un ballet d’ocre, de sable, de basalte et d’azur.
Immensité de vide et de vent.
Cette région si fascinante où la vie peine
à se faire une place reste la moins peuplée
du territoire mongol, à raison de 0.3 habitants/km²,
et regroupe le plus grand nombre d’espaces protégés
de part la richesse de sa faune et de sa flore au fragile
équilibre. Deuxième biosphère de notre
planète, elle compte à elle seule plus de 80%
des espèces endémiques de Mongolie, avec plus
de 620 espèces de plantes et 52 mammifères,
dont 8 figurent sur le Red Data Book, comme l’argali
(mouflon), le mazalaï (ours du Gobi), le khulan (âne
sauvage) ou le léopard des neiges.
Le Gobi, c’est le passage difficile des caravanes de
la mythique Route de la Soie ; c’est le Monde Perdu
de Conan Doyle et ses décors préhistoriques
des temps où l’homme n’existait pas, ou
encore cette princesse amoureuse du mont Khangaï, riche
roi des contrées du nord dont elle eut trois filles,
les Gurvansaïkhan ou chaîne des Trois Beautés.
Et lorsque la dune chante, prenez garde : une tempête
de sable se prépare… |
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Khövsgöl
& Khangaï
Deux massifs anciens qui se font échos : le Khövsgöl,
situé aux confins nord du territoire, prolonge la luxuriante
forêt et taïga sibérienne ; le Khangaï,
au cœur du pays, alterne entre versants boisés
et steppes de basalte. Tous deux d’impressionnants Chants
de la Terre, entre monts et vallées, volcans et failles,
gorges et canyons. Leurs hautes altitudes et la fertilité
de leurs terres en font des lieux de prédilection des
nomades et de leurs troupeaux de yacks.
S’y font pendants deux grands lacs et
leurs parcs naturels. Le Khövsgöl d’une part,
Perle Bleue de Mongolie, cadet du lac Baïkal contenant
à lui seul 2% des réserves d’eau douce
de notre planète. Immense étendue d’eau
claire et pure entourée de hautes montagnes et de vastes
forêts, paradis des pêcheurs et des cavaliers.
Et le Lac Blanc d’autre part, plus modeste, enserré
dans un paysage saisissant de plaines de lave et de volcans
éteints.
Le Khangaï, c’est aussi cette vallée de
l’Orkhon berceau des dynasties successives des redoutables
Empires des Steppes, classée au patrimoine mondial
de l’humanité. En remontant le fleuve et ses
rives de basalte, stèles, pierres et ruines nous rappellent
leur existence.
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