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La Mongolie, libre, sauvage, au coeur des valeurs humaines [Retour accueil]
 
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Enclavée entre ces deux géants que sont la Russie et la Chine, la Mongolie peine à se faire une place bien à elle avec ses 1 566 500 km² pour 2,8 millions d’habitants. Ce qui fait d’elle, avec ses 1,6 habitants au km², le pays le moins peuplé de notre planète.
Surtout quand on sait qu’Oulan Bator regroupe à elle seule plus d’un million de Mongols on imagine sans peine la force brute de ses grands espaces vierges et sauvages, peuplés de bien plus de bêtes que d’hommes. Découvrons les…
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la steppe, par Richard Taylor

la steppe, par Demid
  La Steppe
La Mongolie est une terre de héros, de mythes et de légendes. Qui ne connaît pas les Huns, les Tatars, Gengis Khan, la Horde d’Or, la dynastie Yuan de l’Empire du Milieu ? Qui ne peut s’imaginer l’immensité des steppes, la vaillance d’un peuple de nomades perpétuant un mode de vie et des traditions ancestrales au sein même d’une époque où le monde semble partout ailleurs courir à la poursuite du Temps ?
Sans même évoquer l’attrait lié aux grands espaces, où l’homme partage sa vie entre chaleur du foyer de la yourte et rudesse du climat à cheval dans la steppe. Un monde où tout se décline sur le thème des Cinq Museaux, innombrables troupeaux de chèvres, moutons, chevaux, bovidés et chameaux. Ici, on trouve 10 fois plus de bétail que d’hommes sur un territoire vaste comme trois fois la France, avec 50% de la population encore éleveur nomade, loin de la ville et de son modernisme grandissant.

La steppe, c’est le berceau de ces hordes mongoles qui n’eurent de cesse de faire trembler le monde du Ponant au Levant. Des « barbares » qui à leur apogée régnaient sur l’empire le plus vaste que l’Histoire ait jamais connue ! D’un Loup Bleu et d’une Biche Blanche naquit un grand seigneur, qui de sa capitale Kharakhorum lança ses hommes à la conquête du monde. Des ruines de la mythique cité de Gengis Khan furent élevés les murs et temples d’Erdenee Zuu, monastère bouddhiste le plus puissant de cette contrée.
Commençait alors une amitié sans limite entre Tibet et Mongolie, qui après deux siècles d’oppression mandchoue et sept décennies de communisme, semble ne jamais devoir s’arrêter.
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L’Altaï
L’Altaï, toit du monde… du haut des 4353m de la chaîne des Tavan Bogd, ses montagnes nous dévoilent glaciers et sommets aux neiges éternelles. Marche du Kazakhstan et de la Chine, l’Altaï relie trois univers et renferme un riche patrimoine culturel : stèles à cervidés, statues d’homme turks ou pétroglyphes de l’âge de pierre, enserrés entre parcs naturels,
lacs d’eau douce et rivières gelées.

Mais au delà de l’ivresse de ses montagnes, l’Altaï est une contrée que le temps semble oublier. On y rencontre des hommes aux traditions passées, comme ce peuple Kazakh qui chasse le loup avec ses aigles aujourd’hui comme il y a 2000 ans. Fiers nomades habillés de fourrures et coiffés de quelques plumes, femmes brodeuses et tisseuses d’un artisanat d’une grande finesse, intérieur des yourtes riant de couleurs sous les airs de dombra, un instrument qui leur est propre. Et l’oiseau, cet aigle majestueux qui partage leur vie et leur espace à la place d’honneur. En outre des Kazakhs, d’une autre langue, de religion musulmane et d’affiliation turque, de nombreuses minorités ethniques aux us et coutumes propres habitent l’Altaï, comme les Uriankhais, les Dörvöts et les Torguts, tous trois descendants des mongols occidentaux Oirats, ou les chamanes Touvas.

  Aiglier Kazakh, par Demid
Tavan Bogd, par Demid
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Bayanzag, par Ariel
Khongorin Els, par Demid
  Le Gobi
Ou plutôt devrait on dire les Gobi : steppe désertique & désert de pierres, dune & oasis, gorge glacée & forêts de saxaoul, nomades & chameaux de Bactriane, dinosaures & sites de fouilles archéologiques, derniers contreforts de l’Altaï perdus entre ciel et terre dans un ballet d’ocre, de sable, de basalte et d’azur. Immensité de vide et de vent.

Cette région si fascinante où la vie peine à se faire une place reste la moins peuplée du territoire mongol, à raison de 0.3 habitants/km², et regroupe le plus grand nombre d’espaces protégés de part la richesse de sa faune et de sa flore au fragile équilibre. Deuxième biosphère de notre planète, elle compte à elle seule plus de 80% des espèces endémiques de Mongolie, avec plus de 620 espèces de plantes et 52 mammifères, dont 8 figurent sur le Red Data Book, comme l’argali (mouflon), le mazalaï (ours du Gobi), le khulan (âne sauvage) ou le léopard des neiges.

Le Gobi, c’est le passage difficile des caravanes de la mythique Route de la Soie ; c’est le Monde Perdu de Conan Doyle et ses décors préhistoriques des temps où l’homme n’existait pas, ou encore cette princesse amoureuse du mont Khangaï, riche roi des contrées du nord dont elle eut trois filles, les Gurvansaïkhan ou chaîne des Trois Beautés.
Et lorsque la dune chante, prenez garde : une tempête de sable se prépare…

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Khövsgöl & Khangaï
Deux massifs anciens qui se font échos : le Khövsgöl, situé aux confins nord du territoire, prolonge la luxuriante forêt et taïga sibérienne ; le Khangaï, au cœur du pays, alterne entre versants boisés et steppes de basalte. Tous deux d’impressionnants Chants de la Terre, entre monts et vallées, volcans et failles, gorges et canyons. Leurs hautes altitudes et la fertilité de leurs terres en font des lieux de prédilection des nomades et de leurs troupeaux de yacks.

S’y font pendants deux grands lacs et leurs parcs naturels. Le Khövsgöl d’une part, Perle Bleue de Mongolie, cadet du lac Baïkal contenant à lui seul 2% des réserves d’eau douce de notre planète. Immense étendue d’eau claire et pure entourée de hautes montagnes et de vastes forêts, paradis des pêcheurs et des cavaliers. Et le Lac Blanc d’autre part, plus modeste, enserré dans un paysage saisissant de plaines de lave et de volcans éteints.
Le Khangaï, c’est aussi cette vallée de l’Orkhon berceau des dynasties successives des redoutables Empires des Steppes, classée au patrimoine mondial de l’humanité. En remontant le fleuve et ses rives de basalte, stèles, pierres et ruines nous rappellent leur existence.

  Khovsgol, par Demid
Lac Khovsgol, par Demid
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