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Cette partie est consacrée
aux curieux qui auraient encore des questions particulières
sur la Mongolie. Elle va se construire progressivement, au fur et
à mesure de nos découvertes.
N’hésitez pas à nous faire part des sujets qui
vous intéresseraient d’y voir figurer, ou des articles,
témoignages, sources… que vous auriez trouvé par
vous-même.
Pour une présentation générale du pays, n’hésitez
pas à consulter l’article Mongolie de
l’encyclopédie wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Mongolie
De même que le site de la CIA (si, si :) ) pour des données
actuelles :
www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/mg.html
CIA – the World Factbook, Mongolia |
Age du Bronze
et age du Fer
Age de la Pierre
Bogd Khan, le
Bouddha, vie historique de
Bouddhisme, 8 symboles auspicieux
Bouddhisme, enseignements
Bouddhisme, origines
Garuda
Hiong-Nu (les)
Khii Mori
Mode de vie des éleveurs
Naadam
Ouigours & Kitans
Ovoo
Pétroglyphes
Sépultures
Soyombo
Tsagaan Sar
Stèles à cervidés
Türk (les)
Zanabazar |
Age du Bronze
et age du Fer
De 3000 à 300 avant notre ère, ces Ages sont caractérisés
par la découverte, puis l’expansion du travail des métaux
: alliage et métallurgie.
Sur notre route, Kurgan (tertre funéraire en turc) ou Khirgesuur
(tombe en mongol) cairn mortuaire parfois auréolé de
cercle de pierres. |
Age de la Pierre
Un bref rappel : l’Age de Pierre se divise en périodes
dites Paléolithique (700000 à 12000 BC), Mésolithique
(12 000 à 7 000 BC) et Néolithique (7000 à 3000
BC).
Le Paléolithique, age de la Pierre Ancienne, est en Europe
l’époque des Grottes, de l’art rupestre par excellence.
Le Néolithique, age de la Nouvelle Pierre, est une époque
de révolutions encore inégalées à ce jour
dans toute l’Histoire de l’Humanité : apparition
de l’agriculture, domestication des bêtes et élevage,
fondation des premières villes et, par la suite, des premiers
Empires d’envergure, avec à la clef hiérarchisation
des hommes et mise en place de ceux que sont aujourd’hui la
politique et la société. |
Bogd Khan, le
Bogd Khan (né en 1869, mort en 1924) est un personnage beaucoup
plus controversé, alliant la grandeur d’un héros
à une dépravation bien humaine. Bien que Tibétain,
il fera preuve d’un grand nationalisme envers la Mongolie et
travaillera de concert à la chute de l’emprise mandchoue
avec Sükhebaatar, le héros nationaliste qui s’allia
aux Russes pour contrer les Mandchous. Même erreur : les Soviétiques,
après la mort successive des deux têtes de la Révolution
(le Bogd Khan de syphillis, Sükhebaatar d’intoxication
alimentaire ou plus plausiblement d’un empoisonnement), s’empressèrent
d’imposer un régime communiste qui dura presque 70 ans. |
Bouddha, vie
historique de
Le bouddha Gautama Sakyamuni naquit en 563 avant notre ère
dans une Inde d’antan, fort différente de celle d’aujourd’hui
; fils d’un prince de la lignée des Shakya, sa naissance
fut annoncée à sa mère par un rêve des
plus étranges, que les grands sages brahmanes interprétèrent
comme un signe du Ciel. La reine Maya mettrait au monde un enfant
portant les 32 marques des grands hommes ; celui ci deviendrait soit
un monarque universel, soit l’un des plus grands maîtres
spirituels que la terre ait porté.
Siddhârta fut un enfant peu commun, manifestant tant d’une
brillante intelligence que d’une douce mélancolie. Son
père le maria jeune à Yashodhara, avec qui il eut un
fils, Rahula, et tenta de le préserver des souffrances de ce
monde. Rien n’y fit ; le jeune prince découvrit tour
à tour l’existence de la vieillesse, de la maladie et
de la mort. Il rencontra finalement un moine ermite et sage fuyant
la souffrance des hommes, ce qui le décida à quitter
sa vie facile à l’âge de 29 ans.
Apres de nombreuses tentatives à suivre les enseignements de
différents maîtres et six années d’un ascétisme
surhumain, c’est en méditant sous un arbre sacré
en observant son âme qu’il trouva le chemin de l’éveil.
Après la défaite de Mâra, dieu dominant les désirs,
il parcourt les quatre stades de la méditation qui représentent
le fruit de ses méditations, les Quatre Nobles Vérités.
Apres bien des hésitations, il se décide à partager
cette expérience et met en mouvement la Roue de la Loi en prêchant
et dispensant ses enseignements. Il continuera ainsi jusqu’à
la limite de ses forces, et désignera par la même l’un
des devoirs fondamentaux du bouddhisme : faire don de la loi.
Au cours de ses pérégrinations, il convertira de plus
en plus de fidèles, et finira par s’installer dans l’ermitage
de Crâvastî avec la Sangha, communauté bouddhiste,
y fondant le premier monastère. C’est de là que
partaient ses disciples porter les enseignements, et que des milliers
de croyants ou de simples curieux venaient chaque jour pour voir le
Bouddha et entendre ses sermons. Lui-même n’en continuera
pas moins d’arpenter les routes de l’Inde, portant la
Doctrine partout où elles le mènent au plus de personnes
possibles. Il en sera ainsi jusqu'à son dernier jour, mourrant
de vieillesse à l’âge de 80 ans, et entourées
par d’innombrables croyants. |
Bouddhisme,
8 symboles auspicieux
Les Huit Symboles Auspicieux : les deux poissons dorés (libération
du Samsara, Ying Yang), le précieux parasol (protection du
bouddha contre les influences maléfiques), la conque blanche
(utilisée lors de la cérémonie d’illumination
de Sakyamuni), l’olzii (représentation de l’infini
de l’amour et de l’harmonie), les bannières de
victoire (triomphe de la sagesse du bouddha sur l’ignorance),
le vase aux joyaux (ou reposent les trésors de l’éveil),
la roue, le lotus |
Bouddhisme,
enseignements
Le concept clef de cette religion est la recherche du Nirvana, ou
Eveil, qui conduit le méditant à sortir du cercle des
existences, Samsara, auquel est rattaché toute forme de vie.
Cet éveil consiste à atteindre à l’absence
d’existence propre, appelée Shunyata. Pour ce faire,
le Bouddha délivra l’enseignement fondamental des 4 Nobles
Vérités, fruit de sa méditation : la vérité
de la souffrance, son origine liée au désir, la clef
de sa cessation et le chemin qui y mène.
Loin de l’ignorance, du désir et de la haine, il vous
est possible d’échapper au cycle perpétuel des
réincarnations, conditionné par le Karma, loi de causalité
universelle. Tout acte portant ses fruits, prenez garde : six mondes
n’attendent que vous, récompensant ou sanctionnant vos
actes de cette vie. Ces six mondes (les Enfers, les Affamés,
le règne animal, les humains, les Dieux Jaloux ou Asura et
les Dieux Vivants en toute félicité ou Deva) peuvent
être évités en atteignant le Nirvana.
Concept-clef
Recherche du Nirvana ou éveil
La vacuité, ou Shunyata, l’absence d’ego, d’existence
propre.
Les 4 Nobles Vérités : la vérité de la
souffrance, son origine liée au désir, la clef de sa
cessation, le chemin qui y mène.
Les Trois Poisons de l’existence : ignorance, désir,
haine.
Les Trois Marques de l’existence : impermanence, souffrance,
vacuité (ce qui est vide).
Les Trois Joyaux : Le Bouddha, le Dharma - Enseignements, la Sangha
- Communauté, l’ensemble des pratiquants. Le Bouddha
prouve que le chemin est possible, le dharma est l’ensemble
de tous les enseignements qui montrent que c’est la seule et
unique vérité, et la sangha est l’ensemble des
pratiquants qui nous aident sur le chemin. Cette dernière inclut
les hommes d’une part, et les êtres sublimes (arhats,
boddhisattva), dont l’aide est essentiel pour progresser vers
l’Eveil.
Le Samsara, ou le cycle des existences.
Le Karma, ou acte : la loi de causalité universelle, le fruit
de tout acte, rétribution ou sanction dont la maturation dépasse
le cours d’une vie
Les Yana, ou véhicules, sont au nombre de 9, et concernent
chacun une voie particulière suivie. Les bouddhismes tibétain
ou mongol n’en reconnaissent que trois : le Hinayana, ou Petit
Véhicule, où le Nirvana est réservé aux
seuls moines menant une vie austère et ascétique ; le
Mahayana, ou Grand Véhicule, où chacun peut prétendre
atteindre l’éveil et où le panthéon bouddhiste
se voit enrichi des boddhisattvas. La secte des Bonnets Rouges comme
celles des Bonnets Jaunes se rattachent au Mayahana, avec quelques
différences notoires. Les Bonnets Rouges ont incorporés
de nombreuses pratiques ésotériques (magie, divination,
sacrifice) et ont des règles de vies moins strictes que celles
des Bonnets Jaunes, secte fondée par Tsongkhapa (1357 - 1419).
Toutes deux se rattachent au bouddhisme tantrique, basé sur
de nombreux rites et cérémonies, et incluant à
leur panthéon Yidam et autres divinités. Le Vajrayana,
Véhicule Adamantin, où est reconnue la pureté
inhérente a toute situation comme chemin de progression vers
l’éveil. |
Bouddhisme,
origines
Le bouddhisme apparaît historiquement au VIe siècle avant
notre ère dans un contexte qui s’y prête : les
VIe et Ve siècles sont une période d’intense activité
spirituelle pour l’ensemble des contrées qui s’étendent
de la Grèce à la Chine.
En Inde, cette effervescence a commencé bien plus tôt
: dès le début du IIe millénaire, époque
des conquérants Ârya, les idées et spéculations
sur l’ordre cosmique, la connaissance de soi-même et le
devenir des êtres priment tout autre considération.
La culture des Ârya est basée sur les Veda (le Savoir),
ensemble de textes sacrés considérés comme révélés,
complétés de commentaires sur la tradition. La société
est répartie en 4 castes (système typiquement indien
qui sera conservé jusqu’en 1949) : les prêtres
ou brâhmanes, les nobles guerriers ou kshatriya, les gens du
commun ou vaiçyia (agriculteurs ou éleveurs), et les
serviteurs ou çudra.
La religion est l’affaire des brâhmanes ; ritualiste,
elle est fondée sur le sacrifice et comporte prières
et offrandes le feu sacré assurant le contact entre l’officiant
et la divinité. Comme dans la Grèce antique, les dieux
du védisme interviennent dans les affaires humaines. Au nombre
de trente-trois, ayant pour chef Indra, dieu guerrier, ceux sont des
divinités astrales, atmosphériques, terrestres et les
fondements du sacrifice (le feu et la liqueur des oblations).
Parmi les futurs grands dieux de l’hindouisme, seul s’affirme
déjà l’importance de Brâhma, ou plutôt
Brahman. Impersonnel, il représente l’Univers, le Verbe
auquel, l’âme individuelle, ou l’âtman, s’efforce
de s’identifier. La société et les institutions
sont régies par des règles fournies par les Veda, leur
ensemble constituant le Dharma, l’ordre, la loi qui détermine
toutes choses.
De nombreux sages, brâhmanes ou non, cherchent la voie permettant
de résoudre le problème de l’existence, et mènent
une vie de « renonçant », abandonnant le monde,
souvent solitaire, moines errants et mendiants, pratiquant souvent
l’ascétisme.
Née sans doute d’une constatation de l’évolution
cyclique des rythmes saisonniers et des faits naturels, l’idée
d’une mort des êtres suivie d’une renaissance est
devenue, dès le védisme, inéluctable. Elle se
résume dans la doctrine du Samsâra, migration circulaire
sans fin. La renaissance s’opère dans une condition sociale,
voire animale, selon les actes passés. D’où l’idée
d’une rétribution des mérites et des fautes. Le
corps disparaissant, c’est le karman, considéré
comme l’acte moral, qui est cause des naissances nouvelles.
A ce cycle fatal de morts et de renaissance, une seule échappatoire
: l’intégration définitive de l’âme
individuelle au monde de Brahman. Mais cette délivrance ne
pouvant survenir que chez des êtres d’exception, une théorie
se développa, prônant l’étude et la pratique
de l’ascétisme, l’acquisition de la Connaissance,
sans lesquelles tout mort sera suivie de renaissance.
Par son enseignement, le Bouddha apportera la réponse attendue
de génération en génération sur la question
du devenir des êtres, en révélant la voie d’une
délivrance accessible à tous. |
Garuda
Le Garuda, emblème de la cité, est un oiseau mythique
(tel le phoenix renaissant de ses cendres) appartenant à l’iconographie
bouddhiste.
Il est traditionnellement représenté le front surmonté
du Soyombo, tenant une clef dans la main droite et un lotus dans la
main gauche ; ces deux attributs figurent respectivement les principes
masculin et féminin. Dans ses serres est emprisonné
un serpent, représentation conventionnelle du Mal. |
Hiong-Nu (les)
Le premier des empire nomades (de 300 BC à 100 AD), dont la
puissance s’étend sur le territoire des actuelles peuplades
mongoles (la Mongolie, la Mongolie Intérieure et la Bouriatie).
Réelle menace pour la Chine, il fut à l’origine
de la première période de construction de la Grande
muraille ; ses empereurs, les Shanuis, sont dès lors mentionnés
dans les écrits chinois.
La terreur des hordes mongole débute dès à présent,
à l’instar de l’effet Domino dont les répercussions
se sont ressenties au cours des siècles, et ce jusqu'à
nos portes (les Tatares, les Huns, sans même évoquer
les innombrables peuples chassés de leurs terres aux nôtres
par les hordes asiatiques…).
De cette époque, les Hun Tchuluu, ou homme de pierre, rappelant
grandement nos statues menhir de Haute Provence.
Deux autres empires se succéderont ensuite sur ce même
territoire : les Hsien-Pei (de 100 à 400AD), puis les Juan
Juan (du 4e au 6e siècles AD). |
Khii Mori
Autre symbole d’une grande importance, le Khii Mori (Cheval
Abstrait, ou Céleste par extension) ; c’est un des plus
anciens motifs ornementaux de Mongolie. Il représente l’énergie
vitale, l’enthousiasme, ainsi que le lien entre les esprits
et les hommes. Souvent placé sur les ovoos, il rappelle une
ancienne tradition remontant aux Hiong-Nu : lors de funérailles,
on empalait un cheval en sacrifice au Ciel afin que ce dernier conduise
l’âme du défunt auprès de ses ancêtres.
Aujourd’hui, il porte le Soyombo sur l’emblème
de Mongolie. |
Mode de vie
des éleveurs
Un entretien avec Erdene, sur les rives de l’Ider proche des
falaises de Ghelen Khuu, le 10 juin 2004
Depuis les trois dernières années, beaucoup d’éleveurs
sont devenus pauvres par suite de la trop grande rigueur du climat
hivernal, le froid étant de plus en plus violent. Les conditions
de vie sont aujourd’hui particulièrement rudes, compte
tenu du fait que les pertes en bétails ont atteint des niveaux
alarmants : pour un troupeau de 100 vaches, 1 seule restait.
Des solutions alternatives à cette pauvreté sont difficiles.
Nous parlions d’agriculture, comme éventuel complément
alimentaire afin de combler le manque à gagner actuel, mais
cette activité demande un temps, une constance, un habitat
fixe et des techniques que les nomades ne possèdent pas.
En effet, ces derniers sont en perpétuelle transhumance, à
la recherche des meilleurs pâturages pour leurs bêtes,
dont le nombre ne permet pas un élevage sur point fixe. Un
troupeau moyen compte environ 500 têtes de bétail, un
grand troupeau 1000, et les plus grands peuvent être de plus
de 3000 ; 20% des éleveurs possèdent des troupeaux de
plus de 500 bêtes. On comprend donc aisément ce fondamental
besoin d’espace, et le mode de vie qu’il entraîne.
Ce qui entraîne d’ailleurs une autre difficulté
: à mesure que l’on vieillit, transhumer se fait de plus
en plus dur.
Heureusement, de nombreux enfants prennent encore la suite de leur
père à la tête du troupeau, et toute la famille
participe aux différentes taches ; pour la famille d’Erdene,
lui et sa femme se relayent d’une année sur l’autre
pour la transhumance, et deux de ces huit enfants sont encore présents
au foyer et sont d’une aide précieuse. Leur troupeau
de plus de 700 bêtes se composent de moutons, chèvres,
yacks, vaches et chevaux ; lui s’occupe du bétail «
célibataires », tandis que femme et enfants sont en charge
des mères et de leurs petits, ainsi que de tout le travail
lié aux produits laitiers qui en découle.
La pêche et la chasse peuvent également être une
alternative envisagée ; la première est peu pratiquée,
tandis que la seconde est assez populaire. N’oublions pas que
les loups restent monnaie courante en Mongolie, et sont l’ennemi
public n°1 des éleveurs, étant l’unique prédateur
du bétail. L’Etat encourage d’ailleurs cette chasse
par une récompense de 50 000 Tögrögs par bête
tuée.
Quant aux espèces concernées, outre le loup, ceux sont
principalement la marmotte, très appréciée pour
sa viande, puis le cerf, le chevreuil, le sanglier, le chien de prairie.
Les Mongols ne chassent ni ne consomment d’oiseaux (si ce n’est
le poulet d’élevage). Concernant la pêche, les
ombres et truites Lenok foisonnent dans les rivières, ainsi
que le très recherché Taïmen, poisson trophée
par excellence. |
Naadam
Le Naadam est l’événement le plus attendu de Mongolie,
que ce soit par les étrangers ou les autochtones. Signifiant
vacances ou festival, ses origines remontent aux temps anciens des
hordes mongoles, comme l’atteste encore le porter des 9 étendards
à queue blanche dont la tradition remonte à Gengis Khan.
Sa date fut imposée par les Soviétiques aux jours de
la fête nationale, du 11 au 13 Juillet, afin de commémorer
la Révolution ; il a lieu cependant à différents
moments de l’année en fonction du lieu où l’on
se trouve.
De son nom complet Eriyn Gurvan Naadam, les Trois Jeux Virils, il
se compose de trois séries d’épreuve : la lutte,
le tir à l’arc et les courses de chevaux. La mixité
est de rigueur pour les deux dernières seulement. Ces trois
sports rappellent les qualités qui faisaient la fierté
des hordes mongoles et leur efficacité au combat.
La lutte
Cette épreuve se pratique sans notion de catégories
ou de temps ; elle se termine lorsque l’un des deux participants
touche le sol. Avant de commencer, les 2 lutteurs effectuent le devekh,
ou danse de l’aigle ; le perdant effectuera au terme du combat
le thakimaa ogokh, dont la gestuelle symbolise la paix dans laquelle
les 2 opposants se séparent. Un joueur gagnant 5 combats consécutifs
reçoit le titre de faucon -nachin-, 7 celui d’éléphant
-zaan-, 9 celui de lion -arslan-, et s’il remporte 2 Naadam
consécutifs, il recevra la très glorieuse appellation
de Titan -avarga-. Le record à l’heure actuelle est de
13 Naadam. Avis aux amateurs !
Le tir à l’arc
Les concours d’archerie remontent au 11e siècle ; cependant,
à l’époque, ils avaient lieu à cheval,
un savoir-faire aujourd’hui perdu. Les hordes mongoles avaient
acquis une grande renommée grâce à leur habileté
à l’arc. Les hommes se placent à 75m de leur cible,
contre 60 pour les femmes. La cible est composée de 20 à
30 anneaux gris, rouge et jaune posés à même le
sol ; l’archer touchant le plus de cibles est déclaré
vainqueur, et reçoit le titre de mergen.
Les courses de chevaux
Les stratégies de combat mongoles étaient basées
sur leur grande mobilité ; de ce fait, les chevaux subissaient
un entraînement particulier chaque automne, auquel jusqu'à
100 000 cavaliers participaient. Aujourd’hui, les chevaux du
Naadam font encore l’objet de soins particuliers. Les jockeys
sont des enfants de 5 à 13 ans ; la distance parcourue dépend
de l’age du cheval, et s’allonge en fonction de leur maturité.
Les courses sont au nombre de six, et ont lieu en pleine nature, sans
piste, ce qui n’exclut pas tout danger.
Sources : La Mongolie, de Jacqueline
Thévenet ; Mongolie, de Claire
Sermier
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Ouigours &
Kitans
L’écriture aujourd’hui visible dans le paysage
et que tous savent lire prend ses racines dans l’alphabet de
cet Empire (de 740 à 840 ap. JC), mais ne fut établie
écriture officielle qu’à la formation de l’Empire
Mongol.
Leur succèdent les Kitans (des 10e & 12e siècles),
premier peuple alliant tradition nomade et urbaine ; ils construisirent
plus d’une centaine de villes et de forteresses de pierre, ainsi
que des ponts et des tours de guet. Le bouddhisme devint religion
d’Etat, la littérature prit son essor grâce à
la traduction de sutra.
Leurs stèles funéraires portent de courtes inscriptions
et sont ornées de faune et de flore stylisées et de
nombreuses tamgas (marque de clans, encore utilisée de nos
jours lors du marquage du bétail). |
Ovoo
La tradition des ovoos se perd dans la nuit des temps. Ils se présentent
sous la forme d’amas de pierres ou de branchages, ces derniers
ayant l’apparence de huttes coniques, ou encore d’un ensemble
regroupant les 2 matériaux.
C’était à l’origine des lieux de sépultures
; sous l’Empire des Hiong-Nu (du IVe siècle BC au IIe
AD), c’est ici que l’on enterrait ses morts, y sacrifiant
un cheval empalé sur l’ovoo afin qu’il guide l’âme
du défunt au Ciel. Cette coutume est à l’origine
du Khii Mori, cheval ailé de l’emblème mongol.
Ils deviennent ensuite des cairns liés aux rituels sacrés
du chamanisme, voués à honorer les Esprits des lieux
lorsque l’on passait à leur côté.
Le bouddhisme ne s’appropria que tardivement les ovoos, y implantant
ses propres déités et de nombreuses cérémonies.
L’une d’entre elle est d’ailleurs également
liée au Khii Mori ; ce terme désigne dans le bouddhisme
l’enveloppe énergétique propre à l’être
humain qui, si elle est endommagée par des esprits néfastes,
assurent malchance et échec à l’individu. Les
moines bouddhistes, lors de période de malheur soudain, famine,
grand froid, exécutaient d’innombrables petits chevaux
de papier qu’ils lâchaient au vent du haut des ovoos afin
qu’ils se chargent d’emporter avec eux les démons
et le mauvais sort.
Il est de coutume d’en faire trois fois le tour en y ajoutant
une pierre, une offrande - alcool, nourriture, argent, objet de valeur…-
, une khadag (écharpe) en signe de respect. Ces tours, effectués
à l’instar du mouvement solaire (autrement dit de gauche
à droite), symbolisent la course des astres dans les cieux.
Ils sont au nombre de trois, l’un des chiffres favoris des Mongols
; 3 reprend le nombre de supports de la tulga, ancien foyer de la
ger nomade, le nombre de pierres utilisées pour faire un feu,
ou encore celui des offrandes liées à l’alcool
(quelques gouttes pour le Ciel, la Terre et les Esprits de la Nature). |
Pétroglyphes
Ces peintures murales témoignent seules de leur temps. Y figurent
en effet des scènes d’élevage, d’agriculture,
d’utilisation de la roue, de chasse et de tir à l’arc,
de jeux d’animaux… et contrairement à celle que
nous pouvons connaître de Lascaux, Altamira ou Rouffignac, les
représentations humaines sont ici nombreuses ; les homme n’y
ont par ailleurs que 3 à 4 doigts ! |
Sépultures
Les sépultures de l’age de Pierre sont un étrange
mélange de nos cairns celtiques et des cerdas (cache) égyptiennes
; le corps est disposé dans une chambre souterraine en position
foetale, protégé d’un plancher de bois, et le
tout recouvert d’un généreux amas de pierre.
Les sépultures et stèles à cervidés sont
le plus souvent orientées face au Sud et alignées d’Ouest
en Est. Ce qui fait un singulier écho, bien que situées
à des milliers de kilomètres de Carnac et de Stonehenge,
aux hypothèses concernant un Culte Solaire, ou à tout
le moins relève d’une connaissance pointue des Astres. |
Soyombo
Un petit rappel quant à la signification du Soyombo, emblème
nationale mongole : la flamme à trois pointes représente
la prospérité de la nation dans le passé, le
présent et l’avenir. Le soleil et la lune sont quant
à eux les père et mère légendaires du
peuple. Les pointes de flèches, orientées vers le bas,
rappellent les Temps Anciens où un tel geste, exécuté
avec sa flèche ou sa lance, signifiait « la Mort aux
ennemis du peuple mongol ». Les rectangles horizontaux figurent
la droiture, l’honnêteté et la noblesse des gens
du peuple comme des plus hautes sphères, tandis que les rectangles
verticaux sont une allusion à un proverbe mongol : «
Deux amis sont plus forts que des murs de pierre ». Ici, ils
enseignent que le peuple, s’il est uni, est plus fort qu’une
forteresse. Pour terminer, le Taï-ki, mieux connu sous le nom
de Ying-Yang : figure du Tao, il représente le double principe
de la Vie Universelle, chacun portant l’embryon de son contraire.
Cyclique, il est l’Ordre Suprême.
Jusque dans les années 1990, le Soyombo était surmonté
d’une petite étoile rouge, symbole de la Révolution
communiste.
Source : La Mongolie, de Jacqueline
Thévenet
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Tsagaan Sar
‘’Lune blanche’’ ou ‘’mois blanc’’
termes de nouvel an lunaire, au premier jour de la première
lune du printemps qui tombe, la date étant calculée
selon les années fin janvier ou début février
, d’après le calendrier lunaire. Depuis l’époque
de Genggis khaan la fête du nouvel an a été célébrée
au premier jour du printemps. Avant le mois blanc avait lieu en automne,
pendant longtemps. La couleur blanche est symbole du lait qui est
de tout ce qui est bénéfique, du bonheur, du bonté,
de la pureté, et de la franchise mais aussi celle des produits
laitiers qui représentent la nourriture de base de l’éleveur
nomade. Tsagaan Sar étant très populaire parmi les nomades,
la célébration interdite sous le régime communiste,
limité à cause de tous les rituels religieux et rebaptisé
‘’jour des éleveurs coopérativisées’’
a repris toute sa place, aujourd’hui, par les immenses festivités.
Les préparatifs débutent dès la fin de l’automne,
avec des provisions de produits laitiers. Puis au cours de deux semaines
précédents les festivités, tout le monde se réunit
chez les différents membres de la famille pour préparer
quelques centaines de ‘’buuz’’, les raviolis
à base de bœuf ou de mouton qui sont cuits à la
vapeur, et de beignets qui composent la grande assiette obligatoire
de la table. La yourte doit être nettoyée, de fond en
comble, avant le nouvel an. La veille du nouvel an, le dernier jour
de l’année finissante est un jour important appelé
bituun qui signifie ‘’conclusif’’. Le soir
de la veille est l’occasion d’un grand repas festif, pendant
lequel, chacun doit remplir son estomac, au mieux de ses capacités,
car c’est une garantie de satiété pour l’année
à venir. Ce soir-là, on joue aussi à des jeux
et plus particulièrement aux osselets ‘’mori uralduulakh’’
qui signifie ‘’course des chevaux’’. Sur le
toit de la yourte est déposé un bloc de glace, destiné
à apaiser la soif de la monture de la dieu Lham, l’une
des divinités tutélaires qui est une seule féminine.
La légende dit que la nuit de bituun elle visite toutes les
familles.
Au matin du nouvel an, la maîtresse de la yourte, levée
de bonne heure, prépare le thé au lait et ‘’tsagaalag’’
lait bouilli, sucré auquel on mélange du beurre, de
la caillebotte et du riz et que l’on sert dans un bol d’argent,
elle doit procéder a un rite des offrandes - aspersions du
premier thé au lait en l’honneur du Ciel et aux esprits
de l’endroit, en 4 directions du monde. Il est nécessaire
que cet aliment de couleur blanche ‘’tsagaalag’’
soit le premier consommé de l’année. Au lever
du soleil, chacun sort de la yourte afin de tracer la bonne direction,
selon l’année de naissance et l’horoscope (après
avoir consulté un moine) ils effectuent quelques pas, accompagné
d’une gestuelle précise, dans une direction déterminée.
Le premier salut traditionnel de la nouvelle année, le rituel
‘’zolgokh’’ d’abord au sein de la famille
lors duquel, les plus âgés posent ses bras étendus,
paumes tournées vers le bas, sur les bras étendus des
plus jeunes, tous deux en se frôlant légèrement
les joues, prononcent des formules traditionnelles de bon vœux.
Ce geste signifie le respect et le soutien du plus jeune envers la
personne plus âgé. On offre khadag (écharpe rituelle
de soie) bleu ciel symbolisant l’éternel ciel bleu ainsi
que pour celui qui reçoit bénédiction et souhaits
de bonne fortune et longévité, en l’honneur des
personnes plus âgées pour la salutation. Après
les rites de salutations, on échange tabatières et cadeaux
avec le maître de yourte, le plat festif commence par le thé
au lait et tsagaalag. Chacun en goûtant du ‘’shimiin
arkhi’’ (vodka distillé du lait) ou buvant de l’airag
(lait du jument fermenté qui a été conservé
à la fête, gelé depuis l’automne) doit prononcer
un voeu particulier du bonheur. Sur la table sont disposées
les traditionnelles ‘’nourritures blanches’’
et les beignets, mais aussi la selle d’un mouton entier bouilli.
Les buuz, des raviolis cuites à la vapeur, les ‘’banche’’
petits raviolis cuites dans l’eau ou dans du bouillon constituent
le plat principal des festivités. Selon la coutume pendant
toute première semaine du nouvel an, tout le monde doit visiter
du plus proche parent au plus éloigné ou la personnalité
la plus importante de l’endroit pour effectuer le rite de salutation,
en principe en respectant l’ordre hiérarchique. Les visites
de salutations peuvent se prolonger sur une ou deux semaines, même
quelques mois plus tard pour certains qui se rencontrent pour la première
fois depuis la nouvelle année se saluent en respectant le rite
‘’zolgokh’’.
Ces jours du nouvel an lunaire on peut regarder tous les mongoles
habillé de leurs meilleurs vêtements, en costume traditionnel,
les parures des hommes sont les tabatières en pierre précieuse
et la ceinture de cuir et la selle décorées en argent.
Des offices religieux bouddhistes qui se déroulent à
cette occasion dans des monastères et l’épreuve
de lutte traditionnelle constituent une grande importance pour la
célébration du nouvel an lunaire. Les courses de chameaux
sont organisées dans la région du Gobi, au cours de
la fête. |
Stèles
à cervidés
Ces pierres longilignes sont les plus anciennes manifestations de
la présence de l’Homme en Mongolie. Dressées vers
les cieux, elles se reconnaissent aisément à leur apparence
caractéristique de minces colonnes de pierre ornées
de relief dans le creux aux divers motifs : arabesques, représentations
zoomorphes stylisées de cervidés et de chevaux. Un certain
nombre d’entre elles sont surmontées d’une tête
sculptée. |
Türk (les)
Deux Khanats (ou empire en turc) prennent ensuite le relais des tribus
mongoles quant au contrôle du territoire et à l’harassement
de ses proches voisins ; le premier sera repoussé au pied de
la Grande Muraille.
Un 2e renaît de ces cendres, mais se scindera en deux parties
distinctes, à l’instar de l’Empire Romain : l’Occident,
tourné vers la Perse et l’Iran ; l’Orient, plus
importante, centrée sur la vallée de l’Orkhon,
à l’origine de ce lieu berceau des dynasties successives.
L’écriture de l’Orkhon, d’alphabet runique,
se retrouve aujourd’hui sur un grand nombre de monuments semblable
au Code d’Hammourabi (stèle gravée d’un
bas-relief & du premier Code de Loi de l’Histoire en écriture
cunéiforme, 1792-1750 BC), mais ici, les stèles et monuments
nous parlent d’histoire, de politique, ou encore de la vie des
Grands Hommes de ces temps.
Le bouddhisme fait également une apparition remarquée
avec l’érection de sum ou monastère à l’ornementation
déjà établie (influence chinoise des toits ‘tente’,
dragon, cercle à motifs végétaux), mais sera
vite condamné, s’opposant aux mœurs guerrières.
Il nous en reste quelques statues en ronde-bosse en position de bouddha.
Mais le plus imposant est sans doute ces complexes funéraires
s’accompagnant de stèles commémoratives, statue
zoomorphes et anthropomorphes ou Balbal figurant les ennemis du défunt
ou les Héros de ses armées.
Sur l’une de ces stèles, une simple injonction : «
Restez Nomades ! » |
Zanabazar
Le premier Bogdo Gegeen, chef spirituel
et politique de Mongolie, équivalent du Dalaï Lama ici.
On le dit être une émanation de Manjusri, « celui
qui est noble et doux », boddhisattva incarnant la prajna (intelligence).
Née en 1635 à Shireet Tsagaan Nuur, il est proclamé
saint à l’âge de quatre ans par son grand père
Gombodorj, et passe pour être la réincarnation de l’érudit
tibétain Târanâtha, un moine historiographe et
philosophe renommé, écrivain de la célèbre
Histoire du bouddhisme indien - 1575 à 1634 ; on lui confèrera
plus de 14 vies antérieures, remontant jusqu’à
l’un des disciples de Sakyamuni.
Il part étudier au Tibet à l’âge de sept
ans auprès des Dalaï et
Panchen Lamas, tous deux incarnations
d’Avalokitésvara, boddhisattva
de la compassion. Dès son retour, il entreprendra la construction
de nombreux monastères et étend la religion bouddhiste
à toutes les classes du peuple.
Il est l’une des figures maîtresses de la culture de ce
pays, à l’origine d’une très prodigue production
artistique (sculptures des 5 bouddhas de la méditation, de
21 Taras). Son art est une innovation de part la combinaison de l’art
traditionnel religieux et les canons de beauté mongole, imprégnés
des idéaux de philosophie et de compassion. En 1686, il créera
l’alphabet Soyombo (illumination propre ; signifie que l’Etat
mongol existe par lui-même).
Sa vie se déroule à un moment clé de l’histoire
mongole : le pays est déchiré entre Oirats et Khalkhas,
les ethnies guerroient les unes contre les autres. Trop faible pour
faire face seul contre l’ennemi, il demandera de l’aide
à la dynastie Mandchoue, avec qui il partage les mêmes
convictions religieuses. Il fera ainsi rentrer le loup dans la bergerie,
instituant les deux siècles de domination étrangère
à venir. Il meurt à Pékin en 1723. |
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