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Cette partie est consacrée aux curieux qui auraient encore des questions particulières sur la Mongolie. Elle va se construire progressivement, au fur et à mesure de nos découvertes.
N’hésitez pas à nous faire part des sujets qui vous intéresseraient d’y voir figurer, ou des articles, témoignages, sources… que vous auriez trouvé par vous-même.

Pour une présentation générale du pays, n’hésitez pas à consulter l’article Mongolie de
l’encyclopédie wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Mongolie
De même que le site de la CIA (si, si :) ) pour des données actuelles :
www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/mg.html
CIA – the World Factbook, Mongolia
 
Age du Bronze et age du Fer
Age de la Pierre
Bogd Khan, le
Bouddha, vie historique de
Bouddhisme, 8 symboles auspicieux
Bouddhisme, enseignements
Bouddhisme, origines
Garuda
Hiong-Nu (les)
Khii Mori
Mode de vie des éleveurs
Naadam
Ouigours & Kitans
Ovoo
Pétroglyphes
Sépultures
Soyombo
Tsagaan Sar
Stèles à cervidés
Türk (les)
Zanabazar
 
Age du Bronze et age du Fer
De 3000 à 300 avant notre ère, ces Ages sont caractérisés par la découverte, puis l’expansion du travail des métaux : alliage et métallurgie.
Sur notre route, Kurgan (tertre funéraire en turc) ou Khirgesuur (tombe en mongol) cairn mortuaire parfois auréolé de cercle de pierres.
 
Age de la Pierre
Un bref rappel : l’Age de Pierre se divise en périodes dites Paléolithique (700000 à 12000 BC), Mésolithique (12 000 à 7 000 BC) et Néolithique (7000 à 3000 BC).
Le Paléolithique, age de la Pierre Ancienne, est en Europe l’époque des Grottes, de l’art rupestre par excellence. Le Néolithique, age de la Nouvelle Pierre, est une époque de révolutions encore inégalées à ce jour dans toute l’Histoire de l’Humanité : apparition de l’agriculture, domestication des bêtes et élevage, fondation des premières villes et, par la suite, des premiers Empires d’envergure, avec à la clef hiérarchisation des hommes et mise en place de ceux que sont aujourd’hui la politique et la société.
 
Bogd Khan, le
Bogd Khan (né en 1869, mort en 1924) est un personnage beaucoup plus controversé, alliant la grandeur d’un héros à une dépravation bien humaine. Bien que Tibétain, il fera preuve d’un grand nationalisme envers la Mongolie et travaillera de concert à la chute de l’emprise mandchoue avec Sükhebaatar, le héros nationaliste qui s’allia aux Russes pour contrer les Mandchous. Même erreur : les Soviétiques, après la mort successive des deux têtes de la Révolution (le Bogd Khan de syphillis, Sükhebaatar d’intoxication alimentaire ou plus plausiblement d’un empoisonnement), s’empressèrent d’imposer un régime communiste qui dura presque 70 ans.
 
Bouddha, vie historique de
Le bouddha Gautama Sakyamuni naquit en 563 avant notre ère dans une Inde d’antan, fort différente de celle d’aujourd’hui ; fils d’un prince de la lignée des Shakya, sa naissance fut annoncée à sa mère par un rêve des plus étranges, que les grands sages brahmanes interprétèrent comme un signe du Ciel. La reine Maya mettrait au monde un enfant portant les 32 marques des grands hommes ; celui ci deviendrait soit un monarque universel, soit l’un des plus grands maîtres spirituels que la terre ait porté.
Siddhârta fut un enfant peu commun, manifestant tant d’une brillante intelligence que d’une douce mélancolie. Son père le maria jeune à Yashodhara, avec qui il eut un fils, Rahula, et tenta de le préserver des souffrances de ce monde. Rien n’y fit ; le jeune prince découvrit tour à tour l’existence de la vieillesse, de la maladie et de la mort. Il rencontra finalement un moine ermite et sage fuyant la souffrance des hommes, ce qui le décida à quitter sa vie facile à l’âge de 29 ans.
Apres de nombreuses tentatives à suivre les enseignements de différents maîtres et six années d’un ascétisme surhumain, c’est en méditant sous un arbre sacré en observant son âme qu’il trouva le chemin de l’éveil. Après la défaite de Mâra, dieu dominant les désirs, il parcourt les quatre stades de la méditation qui représentent le fruit de ses méditations, les Quatre Nobles Vérités.
Apres bien des hésitations, il se décide à partager cette expérience et met en mouvement la Roue de la Loi en prêchant et dispensant ses enseignements. Il continuera ainsi jusqu’à la limite de ses forces, et désignera par la même l’un des devoirs fondamentaux du bouddhisme : faire don de la loi.
Au cours de ses pérégrinations, il convertira de plus en plus de fidèles, et finira par s’installer dans l’ermitage de Crâvastî avec la Sangha, communauté bouddhiste, y fondant le premier monastère. C’est de là que partaient ses disciples porter les enseignements, et que des milliers de croyants ou de simples curieux venaient chaque jour pour voir le Bouddha et entendre ses sermons. Lui-même n’en continuera pas moins d’arpenter les routes de l’Inde, portant la Doctrine partout où elles le mènent au plus de personnes possibles. Il en sera ainsi jusqu'à son dernier jour, mourrant de vieillesse à l’âge de 80 ans, et entourées par d’innombrables croyants.
 
Bouddhisme, 8 symboles auspicieux
Les Huit Symboles Auspicieux : les deux poissons dorés (libération du Samsara, Ying Yang), le précieux parasol (protection du bouddha contre les influences maléfiques), la conque blanche (utilisée lors de la cérémonie d’illumination de Sakyamuni), l’olzii (représentation de l’infini de l’amour et de l’harmonie), les bannières de victoire (triomphe de la sagesse du bouddha sur l’ignorance), le vase aux joyaux (ou reposent les trésors de l’éveil), la roue, le lotus
 
Bouddhisme, enseignements
Le concept clef de cette religion est la recherche du Nirvana, ou Eveil, qui conduit le méditant à sortir du cercle des existences, Samsara, auquel est rattaché toute forme de vie.
Cet éveil consiste à atteindre à l’absence d’existence propre, appelée Shunyata. Pour ce faire, le Bouddha délivra l’enseignement fondamental des 4 Nobles Vérités, fruit de sa méditation : la vérité de la souffrance, son origine liée au désir, la clef de sa cessation et le chemin qui y mène.
Loin de l’ignorance, du désir et de la haine, il vous est possible d’échapper au cycle perpétuel des réincarnations, conditionné par le Karma, loi de causalité universelle. Tout acte portant ses fruits, prenez garde : six mondes n’attendent que vous, récompensant ou sanctionnant vos actes de cette vie. Ces six mondes (les Enfers, les Affamés, le règne animal, les humains, les Dieux Jaloux ou Asura et les Dieux Vivants en toute félicité ou Deva) peuvent être évités en atteignant le Nirvana.
Concept-clef
Recherche du Nirvana ou éveil
La vacuité, ou Shunyata, l’absence d’ego, d’existence propre.
Les 4 Nobles Vérités : la vérité de la souffrance, son origine liée au désir, la clef de sa cessation, le chemin qui y mène.
Les Trois Poisons de l’existence : ignorance, désir, haine.
Les Trois Marques de l’existence : impermanence, souffrance, vacuité (ce qui est vide).
Les Trois Joyaux : Le Bouddha, le Dharma - Enseignements, la Sangha - Communauté, l’ensemble des pratiquants. Le Bouddha prouve que le chemin est possible, le dharma est l’ensemble de tous les enseignements qui montrent que c’est la seule et unique vérité, et la sangha est l’ensemble des pratiquants qui nous aident sur le chemin. Cette dernière inclut les hommes d’une part, et les êtres sublimes (arhats, boddhisattva), dont l’aide est essentiel pour progresser vers l’Eveil.
Le Samsara, ou le cycle des existences.
Le Karma, ou acte : la loi de causalité universelle, le fruit de tout acte, rétribution ou sanction dont la maturation dépasse le cours d’une vie
Les Yana, ou véhicules, sont au nombre de 9, et concernent chacun une voie particulière suivie. Les bouddhismes tibétain ou mongol n’en reconnaissent que trois : le Hinayana, ou Petit Véhicule, où le Nirvana est réservé aux seuls moines menant une vie austère et ascétique ; le Mahayana, ou Grand Véhicule, où chacun peut prétendre atteindre l’éveil et où le panthéon bouddhiste se voit enrichi des boddhisattvas. La secte des Bonnets Rouges comme celles des Bonnets Jaunes se rattachent au Mayahana, avec quelques différences notoires. Les Bonnets Rouges ont incorporés de nombreuses pratiques ésotériques (magie, divination, sacrifice) et ont des règles de vies moins strictes que celles des Bonnets Jaunes, secte fondée par Tsongkhapa (1357 - 1419). Toutes deux se rattachent au bouddhisme tantrique, basé sur de nombreux rites et cérémonies, et incluant à leur panthéon Yidam et autres divinités. Le Vajrayana, Véhicule Adamantin, où est reconnue la pureté inhérente a toute situation comme chemin de progression vers l’éveil.
 
Bouddhisme, origines
Le bouddhisme apparaît historiquement au VIe siècle avant notre ère dans un contexte qui s’y prête : les VIe et Ve siècles sont une période d’intense activité spirituelle pour l’ensemble des contrées qui s’étendent de la Grèce à la Chine.
En Inde, cette effervescence a commencé bien plus tôt : dès le début du IIe millénaire, époque des conquérants Ârya, les idées et spéculations sur l’ordre cosmique, la connaissance de soi-même et le devenir des êtres priment tout autre considération.
La culture des Ârya est basée sur les Veda (le Savoir), ensemble de textes sacrés considérés comme révélés, complétés de commentaires sur la tradition. La société est répartie en 4 castes (système typiquement indien qui sera conservé jusqu’en 1949) : les prêtres ou brâhmanes, les nobles guerriers ou kshatriya, les gens du commun ou vaiçyia (agriculteurs ou éleveurs), et les serviteurs ou çudra.
La religion est l’affaire des brâhmanes ; ritualiste, elle est fondée sur le sacrifice et comporte prières et offrandes le feu sacré assurant le contact entre l’officiant et la divinité. Comme dans la Grèce antique, les dieux du védisme interviennent dans les affaires humaines. Au nombre de trente-trois, ayant pour chef Indra, dieu guerrier, ceux sont des divinités astrales, atmosphériques, terrestres et les fondements du sacrifice (le feu et la liqueur des oblations).
Parmi les futurs grands dieux de l’hindouisme, seul s’affirme déjà l’importance de Brâhma, ou plutôt Brahman. Impersonnel, il représente l’Univers, le Verbe auquel, l’âme individuelle, ou l’âtman, s’efforce de s’identifier. La société et les institutions sont régies par des règles fournies par les Veda, leur ensemble constituant le Dharma, l’ordre, la loi qui détermine toutes choses.
De nombreux sages, brâhmanes ou non, cherchent la voie permettant de résoudre le problème de l’existence, et mènent une vie de « renonçant », abandonnant le monde, souvent solitaire, moines errants et mendiants, pratiquant souvent l’ascétisme.
Née sans doute d’une constatation de l’évolution cyclique des rythmes saisonniers et des faits naturels, l’idée d’une mort des êtres suivie d’une renaissance est devenue, dès le védisme, inéluctable. Elle se résume dans la doctrine du Samsâra, migration circulaire sans fin. La renaissance s’opère dans une condition sociale, voire animale, selon les actes passés. D’où l’idée d’une rétribution des mérites et des fautes. Le corps disparaissant, c’est le karman, considéré comme l’acte moral, qui est cause des naissances nouvelles. A ce cycle fatal de morts et de renaissance, une seule échappatoire : l’intégration définitive de l’âme individuelle au monde de Brahman. Mais cette délivrance ne pouvant survenir que chez des êtres d’exception, une théorie se développa, prônant l’étude et la pratique de l’ascétisme, l’acquisition de la Connaissance, sans lesquelles tout mort sera suivie de renaissance.
Par son enseignement, le Bouddha apportera la réponse attendue de génération en génération sur la question du devenir des êtres, en révélant la voie d’une délivrance accessible à tous.
 
Garuda
Le Garuda, emblème de la cité, est un oiseau mythique (tel le phoenix renaissant de ses cendres) appartenant à l’iconographie bouddhiste.
Il est traditionnellement représenté le front surmonté du Soyombo, tenant une clef dans la main droite et un lotus dans la main gauche ; ces deux attributs figurent respectivement les principes masculin et féminin. Dans ses serres est emprisonné un serpent, représentation conventionnelle du Mal.
 
Hiong-Nu (les)
Le premier des empire nomades (de 300 BC à 100 AD), dont la puissance s’étend sur le territoire des actuelles peuplades mongoles (la Mongolie, la Mongolie Intérieure et la Bouriatie). Réelle menace pour la Chine, il fut à l’origine de la première période de construction de la Grande muraille ; ses empereurs, les Shanuis, sont dès lors mentionnés dans les écrits chinois.
La terreur des hordes mongole débute dès à présent, à l’instar de l’effet Domino dont les répercussions se sont ressenties au cours des siècles, et ce jusqu'à nos portes (les Tatares, les Huns, sans même évoquer les innombrables peuples chassés de leurs terres aux nôtres par les hordes asiatiques…).
De cette époque, les Hun Tchuluu, ou homme de pierre, rappelant grandement nos statues menhir de Haute Provence.
Deux autres empires se succéderont ensuite sur ce même territoire : les Hsien-Pei (de 100 à 400AD), puis les Juan Juan (du 4e au 6e siècles AD).
 
Khii Mori
Autre symbole d’une grande importance, le Khii Mori (Cheval Abstrait, ou Céleste par extension) ; c’est un des plus anciens motifs ornementaux de Mongolie. Il représente l’énergie vitale, l’enthousiasme, ainsi que le lien entre les esprits et les hommes. Souvent placé sur les ovoos, il rappelle une ancienne tradition remontant aux Hiong-Nu : lors de funérailles, on empalait un cheval en sacrifice au Ciel afin que ce dernier conduise l’âme du défunt auprès de ses ancêtres. Aujourd’hui, il porte le Soyombo sur l’emblème de Mongolie.
 
Mode de vie des éleveurs
Un entretien avec Erdene, sur les rives de l’Ider proche des falaises de Ghelen Khuu, le 10 juin 2004
Depuis les trois dernières années, beaucoup d’éleveurs sont devenus pauvres par suite de la trop grande rigueur du climat hivernal, le froid étant de plus en plus violent. Les conditions de vie sont aujourd’hui particulièrement rudes, compte tenu du fait que les pertes en bétails ont atteint des niveaux alarmants : pour un troupeau de 100 vaches, 1 seule restait.
Des solutions alternatives à cette pauvreté sont difficiles. Nous parlions d’agriculture, comme éventuel complément alimentaire afin de combler le manque à gagner actuel, mais cette activité demande un temps, une constance, un habitat fixe et des techniques que les nomades ne possèdent pas.
En effet, ces derniers sont en perpétuelle transhumance, à la recherche des meilleurs pâturages pour leurs bêtes, dont le nombre ne permet pas un élevage sur point fixe. Un troupeau moyen compte environ 500 têtes de bétail, un grand troupeau 1000, et les plus grands peuvent être de plus de 3000 ; 20% des éleveurs possèdent des troupeaux de plus de 500 bêtes. On comprend donc aisément ce fondamental besoin d’espace, et le mode de vie qu’il entraîne. Ce qui entraîne d’ailleurs une autre difficulté : à mesure que l’on vieillit, transhumer se fait de plus en plus dur.
Heureusement, de nombreux enfants prennent encore la suite de leur père à la tête du troupeau, et toute la famille participe aux différentes taches ; pour la famille d’Erdene, lui et sa femme se relayent d’une année sur l’autre pour la transhumance, et deux de ces huit enfants sont encore présents au foyer et sont d’une aide précieuse. Leur troupeau de plus de 700 bêtes se composent de moutons, chèvres, yacks, vaches et chevaux ; lui s’occupe du bétail « célibataires », tandis que femme et enfants sont en charge des mères et de leurs petits, ainsi que de tout le travail lié aux produits laitiers qui en découle.
La pêche et la chasse peuvent également être une alternative envisagée ; la première est peu pratiquée, tandis que la seconde est assez populaire. N’oublions pas que les loups restent monnaie courante en Mongolie, et sont l’ennemi public n°1 des éleveurs, étant l’unique prédateur du bétail. L’Etat encourage d’ailleurs cette chasse par une récompense de 50 000 Tögrögs par bête tuée.
Quant aux espèces concernées, outre le loup, ceux sont principalement la marmotte, très appréciée pour sa viande, puis le cerf, le chevreuil, le sanglier, le chien de prairie. Les Mongols ne chassent ni ne consomment d’oiseaux (si ce n’est le poulet d’élevage). Concernant la pêche, les ombres et truites Lenok foisonnent dans les rivières, ainsi que le très recherché Taïmen, poisson trophée par excellence.
 
Naadam
Le Naadam est l’événement le plus attendu de Mongolie, que ce soit par les étrangers ou les autochtones. Signifiant vacances ou festival, ses origines remontent aux temps anciens des hordes mongoles, comme l’atteste encore le porter des 9 étendards à queue blanche dont la tradition remonte à Gengis Khan. Sa date fut imposée par les Soviétiques aux jours de la fête nationale, du 11 au 13 Juillet, afin de commémorer la Révolution ; il a lieu cependant à différents moments de l’année en fonction du lieu où l’on se trouve.
De son nom complet Eriyn Gurvan Naadam, les Trois Jeux Virils, il se compose de trois séries d’épreuve : la lutte, le tir à l’arc et les courses de chevaux. La mixité est de rigueur pour les deux dernières seulement. Ces trois sports rappellent les qualités qui faisaient la fierté des hordes mongoles et leur efficacité au combat.
La lutte
Cette épreuve se pratique sans notion de catégories ou de temps ; elle se termine lorsque l’un des deux participants touche le sol. Avant de commencer, les 2 lutteurs effectuent le devekh, ou danse de l’aigle ; le perdant effectuera au terme du combat le thakimaa ogokh, dont la gestuelle symbolise la paix dans laquelle les 2 opposants se séparent. Un joueur gagnant 5 combats consécutifs reçoit le titre de faucon -nachin-, 7 celui d’éléphant -zaan-, 9 celui de lion -arslan-, et s’il remporte 2 Naadam consécutifs, il recevra la très glorieuse appellation de Titan -avarga-. Le record à l’heure actuelle est de 13 Naadam. Avis aux amateurs !
Le tir à l’arc
Les concours d’archerie remontent au 11e siècle ; cependant, à l’époque, ils avaient lieu à cheval, un savoir-faire aujourd’hui perdu. Les hordes mongoles avaient acquis une grande renommée grâce à leur habileté à l’arc. Les hommes se placent à 75m de leur cible, contre 60 pour les femmes. La cible est composée de 20 à 30 anneaux gris, rouge et jaune posés à même le sol ; l’archer touchant le plus de cibles est déclaré vainqueur, et reçoit le titre de mergen.
Les courses de chevaux
Les stratégies de combat mongoles étaient basées sur leur grande mobilité ; de ce fait, les chevaux subissaient un entraînement particulier chaque automne, auquel jusqu'à 100 000 cavaliers participaient. Aujourd’hui, les chevaux du Naadam font encore l’objet de soins particuliers. Les jockeys sont des enfants de 5 à 13 ans ; la distance parcourue dépend de l’age du cheval, et s’allonge en fonction de leur maturité. Les courses sont au nombre de six, et ont lieu en pleine nature, sans piste, ce qui n’exclut pas tout danger.
Sources : La Mongolie, de Jacqueline Thévenet ; Mongolie, de Claire Sermier
 
Ouigours & Kitans
L’écriture aujourd’hui visible dans le paysage et que tous savent lire prend ses racines dans l’alphabet de cet Empire (de 740 à 840 ap. JC), mais ne fut établie écriture officielle qu’à la formation de l’Empire Mongol.
Leur succèdent les Kitans (des 10e & 12e siècles), premier peuple alliant tradition nomade et urbaine ; ils construisirent plus d’une centaine de villes et de forteresses de pierre, ainsi que des ponts et des tours de guet. Le bouddhisme devint religion d’Etat, la littérature prit son essor grâce à la traduction de sutra.
Leurs stèles funéraires portent de courtes inscriptions et sont ornées de faune et de flore stylisées et de nombreuses tamgas (marque de clans, encore utilisée de nos jours lors du marquage du bétail).
 
Ovoo
La tradition des ovoos se perd dans la nuit des temps. Ils se présentent sous la forme d’amas de pierres ou de branchages, ces derniers ayant l’apparence de huttes coniques, ou encore d’un ensemble regroupant les 2 matériaux.
C’était à l’origine des lieux de sépultures ; sous l’Empire des Hiong-Nu (du IVe siècle BC au IIe AD), c’est ici que l’on enterrait ses morts, y sacrifiant un cheval empalé sur l’ovoo afin qu’il guide l’âme du défunt au Ciel. Cette coutume est à l’origine du Khii Mori, cheval ailé de l’emblème mongol.
Ils deviennent ensuite des cairns liés aux rituels sacrés du chamanisme, voués à honorer les Esprits des lieux lorsque l’on passait à leur côté.
Le bouddhisme ne s’appropria que tardivement les ovoos, y implantant ses propres déités et de nombreuses cérémonies. L’une d’entre elle est d’ailleurs également liée au Khii Mori ; ce terme désigne dans le bouddhisme l’enveloppe énergétique propre à l’être humain qui, si elle est endommagée par des esprits néfastes, assurent malchance et échec à l’individu. Les moines bouddhistes, lors de période de malheur soudain, famine, grand froid, exécutaient d’innombrables petits chevaux de papier qu’ils lâchaient au vent du haut des ovoos afin qu’ils se chargent d’emporter avec eux les démons et le mauvais sort.
Il est de coutume d’en faire trois fois le tour en y ajoutant une pierre, une offrande - alcool, nourriture, argent, objet de valeur…- , une khadag (écharpe) en signe de respect. Ces tours, effectués à l’instar du mouvement solaire (autrement dit de gauche à droite), symbolisent la course des astres dans les cieux. Ils sont au nombre de trois, l’un des chiffres favoris des Mongols ; 3 reprend le nombre de supports de la tulga, ancien foyer de la ger nomade, le nombre de pierres utilisées pour faire un feu, ou encore celui des offrandes liées à l’alcool (quelques gouttes pour le Ciel, la Terre et les Esprits de la Nature).
 
Pétroglyphes
Ces peintures murales témoignent seules de leur temps. Y figurent en effet des scènes d’élevage, d’agriculture, d’utilisation de la roue, de chasse et de tir à l’arc, de jeux d’animaux… et contrairement à celle que nous pouvons connaître de Lascaux, Altamira ou Rouffignac, les représentations humaines sont ici nombreuses ; les homme n’y ont par ailleurs que 3 à 4 doigts !
 
Sépultures
Les sépultures de l’age de Pierre sont un étrange mélange de nos cairns celtiques et des cerdas (cache) égyptiennes ; le corps est disposé dans une chambre souterraine en position foetale, protégé d’un plancher de bois, et le tout recouvert d’un généreux amas de pierre.
Les sépultures et stèles à cervidés sont le plus souvent orientées face au Sud et alignées d’Ouest en Est. Ce qui fait un singulier écho, bien que situées à des milliers de kilomètres de Carnac et de Stonehenge, aux hypothèses concernant un Culte Solaire, ou à tout le moins relève d’une connaissance pointue des Astres.
 
Soyombo
Un petit rappel quant à la signification du Soyombo, emblème nationale mongole : la flamme à trois pointes représente la prospérité de la nation dans le passé, le présent et l’avenir. Le soleil et la lune sont quant à eux les père et mère légendaires du peuple. Les pointes de flèches, orientées vers le bas, rappellent les Temps Anciens où un tel geste, exécuté avec sa flèche ou sa lance, signifiait « la Mort aux ennemis du peuple mongol ». Les rectangles horizontaux figurent la droiture, l’honnêteté et la noblesse des gens du peuple comme des plus hautes sphères, tandis que les rectangles verticaux sont une allusion à un proverbe mongol : « Deux amis sont plus forts que des murs de pierre ». Ici, ils enseignent que le peuple, s’il est uni, est plus fort qu’une forteresse. Pour terminer, le Taï-ki, mieux connu sous le nom de Ying-Yang : figure du Tao, il représente le double principe de la Vie Universelle, chacun portant l’embryon de son contraire. Cyclique, il est l’Ordre Suprême.
Jusque dans les années 1990, le Soyombo était surmonté d’une petite étoile rouge, symbole de la Révolution communiste.
Source : La Mongolie, de Jacqueline Thévenet
 
Tsagaan Sar
‘’Lune blanche’’ ou ‘’mois blanc’’ termes de nouvel an lunaire, au premier jour de la première lune du printemps qui tombe, la date étant calculée selon les années fin janvier ou début février , d’après le calendrier lunaire. Depuis l’époque de Genggis khaan la fête du nouvel an a été célébrée au premier jour du printemps. Avant le mois blanc avait lieu en automne, pendant longtemps. La couleur blanche est symbole du lait qui est de tout ce qui est bénéfique, du bonheur, du bonté, de la pureté, et de la franchise mais aussi celle des produits laitiers qui représentent la nourriture de base de l’éleveur nomade. Tsagaan Sar étant très populaire parmi les nomades, la célébration interdite sous le régime communiste, limité à cause de tous les rituels religieux et rebaptisé ‘’jour des éleveurs coopérativisées’’ a repris toute sa place, aujourd’hui, par les immenses festivités.
Les préparatifs débutent dès la fin de l’automne, avec des provisions de produits laitiers. Puis au cours de deux semaines précédents les festivités, tout le monde se réunit chez les différents membres de la famille pour préparer quelques centaines de ‘’buuz’’, les raviolis à base de bœuf ou de mouton qui sont cuits à la vapeur, et de beignets qui composent la grande assiette obligatoire de la table. La yourte doit être nettoyée, de fond en comble, avant le nouvel an. La veille du nouvel an, le dernier jour de l’année finissante est un jour important appelé bituun qui signifie ‘’conclusif’’. Le soir de la veille est l’occasion d’un grand repas festif, pendant lequel, chacun doit remplir son estomac, au mieux de ses capacités, car c’est une garantie de satiété pour l’année à venir. Ce soir-là, on joue aussi à des jeux et plus particulièrement aux osselets ‘’mori uralduulakh’’ qui signifie ‘’course des chevaux’’. Sur le toit de la yourte est déposé un bloc de glace, destiné à apaiser la soif de la monture de la dieu Lham, l’une des divinités tutélaires qui est une seule féminine. La légende dit que la nuit de bituun elle visite toutes les familles.
Au matin du nouvel an, la maîtresse de la yourte, levée de bonne heure, prépare le thé au lait et ‘’tsagaalag’’ lait bouilli, sucré auquel on mélange du beurre, de la caillebotte et du riz et que l’on sert dans un bol d’argent, elle doit procéder a un rite des offrandes - aspersions du premier thé au lait en l’honneur du Ciel et aux esprits de l’endroit, en 4 directions du monde. Il est nécessaire que cet aliment de couleur blanche ‘’tsagaalag’’ soit le premier consommé de l’année. Au lever du soleil, chacun sort de la yourte afin de tracer la bonne direction, selon l’année de naissance et l’horoscope (après avoir consulté un moine) ils effectuent quelques pas, accompagné d’une gestuelle précise, dans une direction déterminée.
Le premier salut traditionnel de la nouvelle année, le rituel ‘’zolgokh’’ d’abord au sein de la famille lors duquel, les plus âgés posent ses bras étendus, paumes tournées vers le bas, sur les bras étendus des plus jeunes, tous deux en se frôlant légèrement les joues, prononcent des formules traditionnelles de bon vœux. Ce geste signifie le respect et le soutien du plus jeune envers la personne plus âgé. On offre khadag (écharpe rituelle de soie) bleu ciel symbolisant l’éternel ciel bleu ainsi que pour celui qui reçoit bénédiction et souhaits de bonne fortune et longévité, en l’honneur des personnes plus âgées pour la salutation. Après les rites de salutations, on échange tabatières et cadeaux avec le maître de yourte, le plat festif commence par le thé au lait et tsagaalag. Chacun en goûtant du ‘’shimiin arkhi’’ (vodka distillé du lait) ou buvant de l’airag (lait du jument fermenté qui a été conservé à la fête, gelé depuis l’automne) doit prononcer un voeu particulier du bonheur. Sur la table sont disposées les traditionnelles ‘’nourritures blanches’’ et les beignets, mais aussi la selle d’un mouton entier bouilli. Les buuz, des raviolis cuites à la vapeur, les ‘’banche’’ petits raviolis cuites dans l’eau ou dans du bouillon constituent le plat principal des festivités. Selon la coutume pendant toute première semaine du nouvel an, tout le monde doit visiter du plus proche parent au plus éloigné ou la personnalité la plus importante de l’endroit pour effectuer le rite de salutation, en principe en respectant l’ordre hiérarchique. Les visites de salutations peuvent se prolonger sur une ou deux semaines, même quelques mois plus tard pour certains qui se rencontrent pour la première fois depuis la nouvelle année se saluent en respectant le rite ‘’zolgokh’’.
Ces jours du nouvel an lunaire on peut regarder tous les mongoles habillé de leurs meilleurs vêtements, en costume traditionnel, les parures des hommes sont les tabatières en pierre précieuse et la ceinture de cuir et la selle décorées en argent.
Des offices religieux bouddhistes qui se déroulent à cette occasion dans des monastères et l’épreuve de lutte traditionnelle constituent une grande importance pour la célébration du nouvel an lunaire. Les courses de chameaux sont organisées dans la région du Gobi, au cours de la fête.
 
Stèles à cervidés
Ces pierres longilignes sont les plus anciennes manifestations de la présence de l’Homme en Mongolie. Dressées vers les cieux, elles se reconnaissent aisément à leur apparence caractéristique de minces colonnes de pierre ornées de relief dans le creux aux divers motifs : arabesques, représentations zoomorphes stylisées de cervidés et de chevaux. Un certain nombre d’entre elles sont surmontées d’une tête sculptée.
 
Türk (les)
Deux Khanats (ou empire en turc) prennent ensuite le relais des tribus mongoles quant au contrôle du territoire et à l’harassement de ses proches voisins ; le premier sera repoussé au pied de la Grande Muraille.
Un 2e renaît de ces cendres, mais se scindera en deux parties distinctes, à l’instar de l’Empire Romain : l’Occident, tourné vers la Perse et l’Iran ; l’Orient, plus importante, centrée sur la vallée de l’Orkhon, à l’origine de ce lieu berceau des dynasties successives.
L’écriture de l’Orkhon, d’alphabet runique, se retrouve aujourd’hui sur un grand nombre de monuments semblable au Code d’Hammourabi (stèle gravée d’un bas-relief & du premier Code de Loi de l’Histoire en écriture cunéiforme, 1792-1750 BC), mais ici, les stèles et monuments nous parlent d’histoire, de politique, ou encore de la vie des Grands Hommes de ces temps.
Le bouddhisme fait également une apparition remarquée avec l’érection de sum ou monastère à l’ornementation déjà établie (influence chinoise des toits ‘tente’, dragon, cercle à motifs végétaux), mais sera vite condamné, s’opposant aux mœurs guerrières. Il nous en reste quelques statues en ronde-bosse en position de bouddha.
Mais le plus imposant est sans doute ces complexes funéraires s’accompagnant de stèles commémoratives, statue zoomorphes et anthropomorphes ou Balbal figurant les ennemis du défunt ou les Héros de ses armées.
Sur l’une de ces stèles, une simple injonction : « Restez Nomades ! »
 
Zanabazar
Le premier Bogdo Gegeen, chef spirituel et politique de Mongolie, équivalent du Dalaï Lama ici. On le dit être une émanation de Manjusri, « celui qui est noble et doux », boddhisattva incarnant la prajna (intelligence).
Née en 1635 à Shireet Tsagaan Nuur, il est proclamé saint à l’âge de quatre ans par son grand père Gombodorj, et passe pour être la réincarnation de l’érudit tibétain Târanâtha, un moine historiographe et philosophe renommé, écrivain de la célèbre Histoire du bouddhisme indien - 1575 à 1634 ; on lui confèrera plus de 14 vies antérieures, remontant jusqu’à l’un des disciples de Sakyamuni.
Il part étudier au Tibet à l’âge de sept ans auprès des Dalaï et Panchen Lamas, tous deux incarnations d’Avalokitésvara, boddhisattva de la compassion. Dès son retour, il entreprendra la construction de nombreux monastères et étend la religion bouddhiste à toutes les classes du peuple.
Il est l’une des figures maîtresses de la culture de ce pays, à l’origine d’une très prodigue production artistique (sculptures des 5 bouddhas de la méditation, de 21 Taras). Son art est une innovation de part la combinaison de l’art traditionnel religieux et les canons de beauté mongole, imprégnés des idéaux de philosophie et de compassion. En 1686, il créera l’alphabet Soyombo (illumination propre ; signifie que l’Etat mongol existe par lui-même).
Sa vie se déroule à un moment clé de l’histoire mongole : le pays est déchiré entre Oirats et Khalkhas, les ethnies guerroient les unes contre les autres. Trop faible pour faire face seul contre l’ennemi, il demandera de l’aide à la dynastie Mandchoue, avec qui il partage les mêmes convictions religieuses. Il fera ainsi rentrer le loup dans la bergerie, instituant les deux siècles de domination étrangère à venir. Il meurt à Pékin en 1723.
 
 
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