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Trois
voies d’avenir
Pays d’éleveurs nomades depuis des millénaires,
la Mongolie, après 70 ans d’époque communiste
et d’économie planifiée, doit aujourd’hui
faire des choix pour son avenir. Un avenir qu’elle veut moderne,
sans pour autant renier ses origines et son mode de vie traditionnel
qui risque néanmoins de devenir de plus en plus marginal dans
les décennies à venir.
Pour s’intégrer à une économie de marche
mondiale, la Mongolie mise sur trois voies de développement
prioritaires : l’industrie
minière, le
cachemire et le tourisme. |
L’industrie
minière
Le secteur minier apporte une contribution majeure à l’économie,
comptant pour 9% du GDP, 49% de la production industrielle, et 40%
des recettes à l’exportation. Le secteur formel emploie
plus de 12 000 personnes, alors que l’informel (appelé
industrie minière artisanale) emploie plus de deux fois ce
nombre (estimation à près de 30 000 personnes).
La géologie de la Mongolie est complexe et son potentiel minéral
vaste ; près de 6000 gisements de plus de 80 minéraux
différents ont été relevés. Les plus économiquement
significatifs sont le cuivre (400 000 tonnes de concentré de
cuivre exporté par an), l’or (11 tonnes), le molybdène
(3 000 tonnes) et la fluorite. La Mongolie exploite aussi du charbon
(cinq millions de tonnes), de l’acier et du phosphate, a des
gisements d’uranium et de pétrole encore largement sous-exploités
(réserves estimées à 6 milliards de barils),
et des pierres semi-précieuses. Ces pierres incluent du cristal
de roche blanc, des turquoises, de la topaze jaune - entre autre -,
du grenat rouge, de la tourmaline et de la fluorite. De l’argent,
du cuivre, du fer et du manganèse sont trouvés dans
les couches paléozoïques des montagnes, alors que les
couches mésozoïques abritent du charbon, du marbre, du
granite, du quartz et du graphite.
Pour garder ces très hauts niveaux d’exportation, la
principale mine du pays, à Erdenet, extrait chaque année
plus de 20 millions de tonnes de matériau brut - ce qui en
fait l’une des plus importantes mines de cuivre du monde.
En dehors d’Erdenet, on compte plus de 200 autres opérations
minières en Mongolie, avec de lourds investissements de compagnies
étrangères. Des licences permettant l’exploration
ont été octroyées pour près de 25% du
territoire, couvrant 40 millions d’hectares. L’industrie
minière mondiale considère la Mongolie comme un prospect
des plus intéressants en termes de nouveaux gisements, et plus
de 30 compagnies minières et/ou commerciales internationales
ont des branches en Mongolie.
Cette voie de développement, certes prometteuse d’un
point de vu économique dans les décennies à venir,
est cependant dangereuse pour l’avenir du pays.
L’industrie minière est une industrie non durable
par définition ; basée sur l’exploitation de
ressources non renouvelables, elle n’en est plus à
prouver les impacts négatifs qu’elle véhicule
: destruction des milieux naturels (dynamite), déforestation,
empoisonnement de l’air et de l’eau (comme de la faune
et la flore allant avec, humain compris)… Consultez à
ce propos le rapport Mining, social and environmental impacts du
World Rainforest Movement (en français : www.wrm.org.uy;
- information by subject ; - mining ; - French).
Mais restons plus succins et tenons nous en aux problèmes
spécifiques à l’industrie minière mongole.
La production mongole est presque entièrement basée
sur les exportations de cuivre et d’or, et par la même
très dépendante des prix du marché mondial.
De plus, les réserves de la principale mine du pays, Erdenet,
sont de plus en plus difficilement exploitable (car plus profondes).
Les prospects concentrent leurs efforts sur la découverte
de gisement d’or de roches dures et non pas de placement (concentration
superficielle alluviale d’or, majoritaire), qui s’épuisent
trop vite.
De plus, les nouvelles mines prometteuses (comme Oyu Tolgoi, mine
de cuivre/or de classe mondiale) se trouvent a l’écart
de tout : eau, électricité, route… et leur rentabilité
devient questionnable face aux très lourds investissements
d’infrastructures nécessaires.
L’étendue du domaine de prospection, en accointance
avec les richesses naturelles minières du pays (plus de 25%
du territoire !), illustre en elle-même les risques liés
à cette voie de développement. Les trente millions
de têtes de Cinq Museaux ne peuvent évoluer sur des
domaines privatisés où la steppe est mise à
mal par l’exploitation minière. La propriété
des sols devient alors une question d’Etat ; la tentation
de privatiser des terres à l’usage des compagnies minières
étrangères est forte – propriété
jusque là étatique, seuls les Mongols ayant pour l’heure
le droit d’acheter la terre en dehors des villes. Les éleveurs
nomades n’ont pas les moyens financiers d’acheter les
vastes territoires sur lesquels ils évoluent depuis des générations
; les compensations proposées ne peuvent remplacer avantageusement
un mode de vie autonome, d’autant plus que les métiers
proposes aux locaux restent les plus ingrats et les moins bien rémunérés.
Les conflits sont nombreux entre éleveurs, mineurs artisanaux
et compagnies minières ; en témoigne cet article de,
illustrant les conflits entre compagnies minières (ici Ivanhoe)
et éleveurs nomades. http://www.zacks.com/research/get_news.php
En outre, et en dépit des incroyables réserves du
territoire, l’industrie minière est un investissement
à court/moyen termes, basée sur l’extraction
de ressources non renouvelables ; une fois le pays retourné,
quelle alternative de développement possible ?
L’industrie minière est une voie de développement
non durable par définition, et sans possible retour en arrière
de part les séquelles qu’elles laissent.
Regardons ce qu’il en est pour l’industrie cachemire.
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Le cachemire
Le cachemire le plus fin au monde est produit par les rares chèvres
à cachemire élevées sur les hauts plateaux montagneux
élevés, secs et froids. Pour survivre dans ce climat
rigoureux, les chèvres développent sous leurs poils
externes une couche de fibre duveteuse, fine et douce, appelée
cachemire. Plus froid est l’air, plus les chèvres deviennent
résistantes et plus cette couche augmente pour isoler les animaux
des morsures du climat.
Le cachemire mongol est reconnu dans le monde entier pour son exceptionnelle
qualité et sa longévité.
Les chèvres à cachemire fournissent une source de vie
pour les ménages nomades de la Mongolie qui dépendent
de leur élevage pour la plupart de leur revenu. Il faut 4 à
5 années pour qu´une chèvre produise assez de
cachemire pour un chandail. En outre, la transformation des fibres
de cachemire en produit final est un processus sophistiqué
exigeant du temps et un grand savoir-faire.
Les fibres de cachemire sont collectées en peignant l´animal
à la main pendant la mue de printemps par les éleveurs
nomades, puis le cachemire est amené à la capitale par
des collecteurs ambulants. Là, il subit une transformation
beaucoup plus technique et automatisée du cardage de la laine
brute jusqu’au tricotage mécanique, puis aux finitions
manuelles.
En raison du nombre limité de chèvres, les approvisionnements
de cachemire sont très limités. De même qu’en
raison de sa rareté et de ses propriétés de minceur,
élasticité et brillance, le cachemire est considéré
comme une matière « haut de gamme » et est employé
dans l´industrie textile comme une fibre de luxe. Les articles
en cachemire offrent les meilleures qualités isolantes et de
chaleur tout en étant également plus doux au toucher
que n´importe quelle autre fibre naturelle ou synthétique.
La Mongolie est le 2e pays producteur de cachemire au monde. Sur les
10 000 tonnes produites chaque année, 5000 viennent de Chine,
3500 viennent de Mongolie, le reste venant d’Iran, de Turquie
et autres pays.
Le premier problème de cette industrie est que la Mongolie
en perd toute la valeur ajoutée ; le cachemire mongol est
sans doute celui qui présente la meilleure qualité
au monde (13-16,5 microns, fibre longue). Mais, faute de moyens,
les entreprises de transformation ne peuvent racheter la matière
brute aux éleveurs, qui vendent aux marchands ambulants chinois.
1500 des 3500 tonnes de cachemire mongol passent la frontière
chinoise, de manière souvent illégale, et sont mélangées
et transformées en Chine, remontant la qualité du
cachemire chinois. D’après le Dr Altangerel, docteur
en génétique des troupeaux, « la Mongolie gagne
un revenu annuel de 180 millions de $ avec le cachemire. Cette somme
pourrait doubler si une bonne politique était menée
par le gouvernement ; et, avec seulement de bonnes lois relatives
à la qualité du cachemire, on obtiendrait 10 millions
de plus. Mais surtout, si la Mongolie traitait elle-même la
finition de ce produit, elle en recevrait des recettes égales
au budget total de l’Etat. » (UB Post avril 2005)
De même, il fait remarquer qu’« une chèvre
fournit 250 grammes de cachemire par an ; ce rendement pourrait
être amené à 350 ou 400 gr. par des volontés
politiques et un bon management, comme avec la chèvre rouge
de l’Altaï. » Une politique d’Etat a été
introduite en 1980 pour croiser toutes les chèvres mongoles
avec les chèvres Gobi Gurvan Saïkhan et Uuliin Bor pour
améliorer le rendement. Les chèvres en résultant
ont produit un cachemire de 16-17 microns et une meilleure rentabilité
par peignage. La société Gobi Cashmere a été
crée pour capitaliser sur des chèvres hybrides. Cette
politique a été abandonnée, et l’élevage
des troupeaux se déroule sans politique ou régulation
depuis1990.
Mais les problèmes les plus alarmants concernent l’environnement
et l’identité mongole même. Par tradition, les
troupeaux se composaient comme suit – avec bien entendu des
différences notables au cas par cas et par région
: 65 à 70% de Pattes Courtes et 30 à 35% de Pattes
Longues ; et, dans ces Pattes Courtes, 80 à 90% de moutons.
Hors, aujourd’hui et pour cause de rentabilité du cachemire,
nous voilà à plus de 80% de Pattes Courtes ; et parmi
elles, nous sommes rendus maintenant à 50/50 pour moutons
et chèvres… Ce qui est catastrophique pour deux choses
: l’environnement tout d’abord. La chèvre, contrairement
aux autres Museaux qui coupent l’herbe, arrache et mange tout
jusqu'à la racine. Les steppes fragiles du Gobi et de l’Altaï
ne peuvent s’en remettre d’une année sur l’autre,
et la désertification et le surpâturage augmentent
à mesure que le nombre de chèvre grandit. Et pour
le mode de vie des Mongols ensuite ; la composition traditionnelle
du troupeau correspond à l’utilisation qu’ils
ont de leurs cinq Museaux. La culture mongole est basée sur
le mouton, qui nourrit avec sa viande, habille avec son cuir et
sa laine, couvre la yourte avec le feutre qu’on en fait…
l’augmentation des chèvres dans le troupeau perturbe
cet équilibre. Si le nombre de chèvres n’est
pas limité et qu’il continue à évoluer
de la sorte, les chèvres atteindront 70 à 80% du cheptel
total mongol dans les 10 ans à venir. En temoigne Tumur,
un eleveur du Gobi, dans l’article suivant http://www.hartford-hwp.com/archives/55/496.html
Le cachemire est une voie de développement « qui n’est
pas développable », sa capacité de charge étant
inextensible et sa productivité aléatoire.
Le tourisme reste sans doute la meilleure voie de développement
envisageable.
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Le
tourisme
Comme nous l’avons abordé dans la partie
précédente, le tourisme, s’il est bien pensé,
peut être une chance pour l’avenir d’un pays. Nous
allons aborder brièvement ici le poids du secteur du tourisme
en Mongolie et les politiques qui y sont liées, puis ces principaux
centres d’intérêts touristiques du pays. |
Quelques
chiffres du tourisme mongol
385 000 touristes internationaux en 2006, pour 228 millions de $ de
recettes ; depuis l’ouverture du pays en 1990, on remarque une
augmentation des flux de 15-20% par an.
Aujourd’hui, et a la place d’une seule agence gouvernementale,
100% de la production dépend du secteur privé (PME)
: plus de 250 compagnies « investies » par 32 pays (dont
217 TO), 300 hôtels (de la catégorie basique à
celle de grand luxe), 220 camps de yourtes aménagées…
On denombre pour le secteur plus de 12 000 employés, dont 214
guides interprètes « certifiés ».
Les principaux pays émetteurs pour le pays sont, une fois
exclus les Chinois et les Russes venus pour des raisons commerciales
(à hauteur de 91,4% pour les premiers, et de 93% pour les
seconds) : 23,8% de Coréens ; 11,3% de Chinois ; 10% de Japonais
; 7,8% d’Américains du Nord ; 6,3% d’Allemands
; 4,5% de Français ; 3,1% de Russes ; et 33,2% répartis
sur le reste du Monde, principalement des pays d’Asie proches
géographiquement ou des pays d’Europe occidentale.
La moyenne des séjours est de 12 jours, le panier moyen
de 106$ par personne et par jour (soit 1272$ par séjour).
Les touristes internationaux consommateurs de produits de type package
s’avèrent bien plus intéressants que les voyageurs
indépendants, avec un panier moyen de séjour de 2280$
pour les premiers, contre 755$ pour les seconds. Le marché
se compose presque uniquement de touristes voyageant en all inclusive,
au regard des difficultés (accès, langue, services)
et de l’importante durée requise pour voyager en routard.
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Politique
gouvernementale
En 1990, il n’existait qu’une seule agence de voyage étatique
et tout déplacement était contrôlé. Depuis,
la Mongolie s’est ouverte mais le tourisme y est jeune. Son
développement a été aidé par l’Union
Européenne dans le cadre du programme Tacis (jusqu’en
1999), et est maintenant supporté par le Japon en la «
personne » de JICA (japanese international cooperation agency).
Le Ministère de la Route, des Transports et du Tourisme mongol
s’est fixé cette année les objectifs suivants
:
- Conduire des recherches sur la capacité de charge environnementale
via les camps touristiques
- Développer l’attractivité touristique à
travers les investissements directs étrangers
- Développer de nouveaux produits touristiques et de nouvelles
destinations
- Encourager le développement de la capacité de charge
des services touristiques
- Prendre des mesures pour augmenter les transports internationaux
- Conduire des études marketing et statistiques
- Prendre des mesures plus actives en termes de promotion de la Mongolie
sur les marchés internationaux, et accroitre le nombre de touristes
étrangers
- Améliorer les capacités de transport
Pour suivre l’évolution du secteur, consultez le site
du ministère du tourisme mongol http://www.mongoliatourism.gov.mn/index.php |
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Patrimoines
de Mongolie
La Mongolie est un pays riche en patrimoine, de par des legs
de l’histoire, des modes de vie particulier ou des milieux
naturels incomparables. Les répertorier exhaustive- ment
n’est pas possible ici, aussi allons nous procéder
à une sélection représentative de ces richesses
patrimoniales.
Carte des principaux sites touristiques,
Lonely Planet |
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Patrimoine
matériel
Sites préhistoriques, pétroglyphes, stèles à
cervidés, statues anthropomorphes et zoo- morphes, sites de
fouilles archéologiques, édifices et villes antiques,
stèles historiées, lieux de culte et monastères…
la liste est longue !
Les principaux vestiges concernent les différents empires des
steppes, mais il reste bien peu de patrimoine bâti conséquent
d’empires nomades par essence.
De plus, le patrimoine religieux a souffert des purges soviétiques,
et bien peu de sites intacts peuvent être visités à
l’heure actuelle.
Les principaux sites sont l’ancienne capitale de l’empire
mongol, Kharakhorum, et les monastères d’Amarbayasgalant
et de Tövkhön Khiid.
On notera que le Gobi est un site majeur de fouilles paléontologiques
(ossements de dinosaures complets, œufs fossilisés…).
Le patrimoine militaire se retrouve partiellement dans les édifices
et villes antiques ; les anciens complexes soviétiques ne sont
pas valorisables de par leur inesthétique et leur caractère
dangereux (déchets nucléaires abandonnés).
Le patrimoine industriel se limite à trois sites : Oulan Bator
(cachemire), Erdenet (2e mine de cuivre à ciel ouvert du monde)
et Kharakhorum (agro-alimentaire).
N’oublions pas la capitale d’Oulan Bator et ses très
bons musées (Histoire, Histoire Naturelle, Beaux Arts), ses
monastères et son ambiance particulière.
De même, chaque capitale de région a son propre musée,
et bien sûr son monastère. |
Patrimoine
immatériel
Le patrimoine immatériel est ce qu’il y a de plus unique
en Mongolie. Le mode de vie nomade est l’une des motivations
majeures d’un voyage en ces lieux. Contrairement à d’autres
destinations où les ethnies nomades, minoritaires, s’efforcent
de survivre malgré un gouvernement les forçant à
la sédentarisation, ici c’est un pays dans son ensemble
qui vit au rythme des nomades. Les nomades ne sont pas l’exception,
ils sont la majorité, la normalité, l’âme,
le mode de vie, l’économie du pays.
Pour combien de temps cependant ? On peut légitimement se demander
si la relève va « être ou ne pas être »
assurée.
Autre aspect unique, le syncrétisme entre chamanisme et bouddhisme
incarné en chaque Mongol. La religion est ici plus un art de
vivre, une réalité quotidienne et une philosophie.
Les Mongols sont de plus d’inestimables chanteurs. Outre la
chanson populaire, le chant long et le chant court, on leur doit le
très connu chant diphonique, uniquement masculin et à
l’origine utilisé par les chamanes.
De même, les danses folkloriques telle que la danse des tasses
des Dörvöt, ou le bielgee des Bayats, ou les instruments
de musique tels que le mörin khuur (ou vièle à
tête de cheval) font partie du patrimoine propre à ce
pays.
Oulan Bator ainsi que les principaux lieux touristiques programment
des spectacles de musique, chants et danses folkloriques tout au long
de l’été.
Ensuite, la Mongolie possède une richesse ethnique importante,
située à la croisée de voies de migration de
peuples russe, türk, mongole et chinoise. On y compte quelques
trente groupes ethniques principaux différents : les Khalkha,
Mongols des steppes, représentent près de 80% de la
population. Les Oïrat, Mongols des forêts d’origine
mixte (russe et türk notamment), se subdivisent en sous-groupes
ethniques tels que les Bayats (1,9%), les Dörvöt (2,7%),
les Zakhtchin, les Miangat, les Ölöt, les Torguts…
10% de la population parlent des langues d’origine türk,
comme les Kazakhs (5,9%), les Uriankhais et Touvas, les Tsataans et
les Khotons.
Cette richesse se traduit par des modes de vie propre et une culture
singulière. Les plus connus : les Kazakh de l’Altaï,
aigliers chassant le loup de religion musulmane, les Tsataans, éleveurs
de rennes vivant en tipis aux confins nord du lac Khövsgöl,
ou encore les Touvas, ethnie de chamanes par excellence. |
Patrimoine
naturel
La Mongolie est une destination pour laquelle la Nature représente
l’atout majeur du patrimoine. Un territoire de trois fois la
France comme vierge de présence humaine ! Ces grands espaces
incomparables présentent une grande variété d’écosystèmes
pour l’instant encore intacts.
Nous pouvons sommairement les diviser comme suit :
- la région nord du Khövsgöl est la Russie mongole
: taïga, forêt sibérienne et lac du Khövsgöl,
frère cadet du Baïkal
- la région ouest de l’Altaï se rapproche du Tibet
et du Ladakh : hautes montagnes, glaciers et neiges éternelles,
hauts plateaux et dépressions lacustres
- la région sud reste la plus mythique : le Grand Gobi, désert
de steppes rocailleuses et de dunes de sable
- la région est n’est presque pas visitée, grand
plateau de vastes steppes décroissant progressivement en altitude
jusqu’à l’extrémité orientale du
pays
- la région centre de la chaîne de montagnes du Khangaï
se caractérise par ses massifs volcaniques : champs de lave,
steppe de basalte, gorges, canyons, sources chaudes…
De multiples visages qui nécessitent plus qu’une fois
pour aborder l’ensemble des paysages mongols. Et tous de grands
espaces à couper le souffle. |
Evènementiel
L’évènementiel est riche en Mongolie, se regroupant
entre fêtes/festivals folkloriques et évènements
religieux.
Tout d’abord, la fête nationale du Naadam, fêtée
dans tout le pays à diverses dates du mois de juillet, avec
la plus importante à Oulan Bator du 10 au 13 juillet, dates
de commémoration de l’avènement de la république
populaire communiste de 1921.
Cet évènement est le plus attendu des Mongols et celui
qui draine le plus de touristes internationaux. Il est bien antérieur
à la période soviétique, reprenant depuis Gengis
Khan les trois épreuves qui firent la renommée des hordes
mongoles : la lutte, le tir à l’arc, et les courses de
chevaux.
Autres festivités : la fête des Mères et des enfants,
où tous se déguisent et participent à des attractions
montées dans toute la ville, avec en fond de toile les défilés
de tout ce qui se rattache aux enfants (écoles, associations,
ONG, scouts…). Cette fête a lieu à Oulan Bator
et dans toutes les villes du pays chaque 1e juin.
Concernant les diverses ethnies, on retiendra principalement le festival
des Aigliers de Bayan Olgii, capitale régionale de l’Altaï
et siège des Kazakhs, ainsi que celui des Chameliers dans le
désert de Gobi, respectivement en octobre et en février.
Ces deux manifestations sont l’occasion pour les aigliers et
les chameliers de démontrer leur adresse, à la chasse
pour les premiers, à la course et aux polos (à chameau
!) pour les seconds, ainsi que d’organiser des concours et défilés
de leurs plus belles bêtes.
Se rattachant au calendrier bouddhiste, la fête la plus importante
est Tsagaan Sar, le Nouvel an bouddhiste, généralement
à la fin du mois de février.
Et depuis la fin de la période communiste, les fêtes
bouddhistes reviennent en masse, telles que la Circambulation de Maitreya,
Bouddha du Futur que l’on fête pour qu’il vienne
au Monde prendre le relais de l’ère présente du
Bouddha Sakyamuni.
Aussi, les danses exorcistes de Tsam ont réapparu et sont célébrées
plusieurs fois par an dans les principaux monastères du pays.
D’autres évènements ont été crées
afin de pallier à la saisonnalité des flux touristiques,
concentrés entre juin et septembre, et créer de l’attractivité
dans d’autres régions que celles les plus visitées.
Le lac Khövsgöl est le lieu de célébration
du Festival de la Glace au mois de février. Concours de sculpture
de glace, patin à glace, chien de traîneau et autres
épreuves y sont organisés pour célébrer
le moment le plus dur de l’hiver. |
Imbrications
géographiques
La Mongolie se rattache à des voies et itinéraires porteurs.
Historique autant que mythique tout d’abord, la Route de la
Soie, voie commerciale empruntée au Moyen Age par les caravanes
se déplaçant entre la Turquie et la Chine à travers
toute l’Asie Centrale.
Légendaire et commercial ensuite, le Transsibérien,
réseau ferroviaire reliant Moscou à Pékin via
Oulan Bator et d’autres villes mongoles.
Routière pour terminer, la TransAsie, axe routier en développement
actuellement, et projetant de traverser l’Asie d’Ankara
à… Tokyo !
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